Rich Harassment


Messe (basse) de minuit [SUITE]

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Leopold
Messe (basse) de minuit
Fuir. C’était ce qu’avait fait Léonard pendant une dizaine de minutes. Ses jambes s’engourdissaient, s’enflammaient, et lui donnaient l’impression de mourir à chacun de ses pas. Et pourtant, ce n’était pas le pire : son pied déchaussé suppliait qu’on le soigne, qu’on le bichonne et qu’on arrête de l’utiliser. Et pourtant, décidé, Léonard n’abandonna pas sa course. Pas encore.
L’homme, toujours à ses trousses, l’interpellait avec une voix fatiguée et essoufflée. Il était loin et ses mots se perdaient dans le silence de la nuit. Le blondinet pouvait à peine les entendre, de là où courait. A moins que ce soit ses essoufflements qui l’empêchaient d’entendre correctement ? Pour répondre à cette question, Léonard s’assura de la distance entre lui et son poursuiveur. Il était si loin… Il aurait pu se cacher depuis un moment déjà.

Alors, il s’accorda enfin un moment de répit. Il regarda à droite, et à gauche, avant de rejoindre à pas de course le bâtiment des chambres. Là où il tournait, l’inconnu ne pouvait pas savoir où il allait, alors c’était un bonus pour lui.
Il ouvrit la porte avec ses dernières forces, et la referma tout de suite après. Puis, il se cacha derrière une colonne assez épaisse pour cacher son corps, contre laquelle il s’adossa. Il s’arrêta enfin, se reposant de cette course qui lui avait semblée interminable. Son cœur battait si vite qu’il pensait sa fin proche. Ses muscles, en feu et contractés, firent trembler ses jambes et ses mains. Sa respiration, si rapide, lui donnait à peine le temps de prendre de l’air. Son pied – son pied ! –, il ne le sentait même plus. Ses oreilles sifflaient, sa peau avait rougi, sa poitrine se levait au rythme trop vif de sa respiration.
Il n’entendit pas la porte s’ouvrir derrière lui, alors c’était bon signe. Il s’assit sur le sol, tout tremblant, essoufflé, exténué. Ce fut sa fuite la plus longue et la plus douloureuse de sa vie. Désormais, il devait se débarrasser de son sac et de ses vêtements, pour éviter qu’on puisse le reconnaître. Super. Cette soirée était la pire de sa vie. Il avait envie de se glisser sous ses draps, nu – il avait si chaud ! – et de ne jamais se réveiller.

Après une à deux minutes de pause, il vérifia son smartphone. Pas de nouvelles de Leo. Il ne savait pas s’il était bien retourné à la chambre ou s’il s’était fait pincer.

« Putain, j’ai pas vérifié si y’avait d’autres mecs ! », jura-t-il.

Il croisa les doigts pour que Leopold ait pu rentrer sain et sauf dans leur chambre. Il ne méritait absolument aucune punition. Puis, dans le pire des cas, si effectivement il s’était fait prendre, Léonard n’hésiterait pas à se dénoncer. Hors de question qu’il prenne à sa place...

« Mais merde, pourquoi il s’est ramené aussi ?! Note à moi-même : ne plus jamais dire où je vais. » râla-t-il.

Bonnes intentions ou non, il n’aurait pas dû intervenir dans sa décoration artistique engagée. En plus, ils n’avaient même pas eu le temps de s’expliquer. Plus il y pensait, plus ça l’enrageait. Qu’est-ce qui lui avait pris, aussi ? Il voulait participer à cette escapade nocturne ? Raté, il semblait pas vraiment content.
Il tenta de se raisonner, se disant qu’au final, c’était lui qui était venu à la chapelle, et que Leo… Mais non, à chaque fois qu’il tentait de trouver une explication, cela aurait pu se résumer en un texto. Un SMS de rien du tout aurait pu lui éviter ce cours de sport improvisé. Mais non ! Monsieur avait décidé de venir !
Léonard souffla. Il devait rester calme jusqu’à avoir sa version des faits. S’il s’énervait tout seul, il allait être encore plus ridicule. Le petit blondinet aux joues rougies et aux sourcils froncés, haletant, pestant contre son colocataire peut-être – sans doute – bienveillant.

Il décida enfin de se lever. Il manqua de s’effondrer sur le sol, mais se rattrapa sur la colonne. Il inspira, espérant que Leo soit vraiment dans leur chambre et non au commissariat.
Il déambula dans les couloirs, épuisé. Sa main effleura le mur, au cas où il s’effondrerait sous la fatigue et il devrait s’appuyer quelque part. Sa vue, plus tôt embrouillée, s’éclaircit enfin. Il aperçut la porte de sa chambre, au loin. Il avait l'impression qu'il marchait depuis des heures, alors que ça ne faisait que quelques minutes à peine. La porte lui semblait si loin, mais à la fois si proche. Il pouvait la toucher du bout des doigts qu'il ne la sentirait pas.

Et pourtant, le moment où il se planta devant la porte de sa chambre arriva enfin. Il renversa sa tête en arrière, exténué, et ouvrit la porte aussi doucement qu'il le put, avant de la refermer à clé sans faire trop de bruit. Puis, il posa son sac, retira avec fatigue et nonchalance tous ses habits hormis son boxer et tomba sur son lit, la respiration encore quelque peu saccadée et le pied endolori. Avec son oeil à moitié fermé, il observa son colocataire. Il était rentré, alors... Et il n'avait pas la force de lui demander des explications... Il le ferait demain, sans doutes... ?


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Dans son demi-sommeil, Leopold entendit à peine son colocataire ouvrir, puis refermer la porte ; pareillement, le froissement des vêtements et leur chute sur le sol lui parurent très très lointains. Il luttait ardemment contre le sommeil, qui l'appelait d'une tendre voix. Non, je ne peux pas. Il faut que je… que je fasse quoi déjà ? Ah oui, l'engueuler... Sa volonté lui semblait parfaitement annihilée et si, dans un dernier sursaut de conscience, il n'avait pas senti le regard du blond posé sur lui, il se serait sans doute laissé sombrer.

Il ouvrit alors les yeux (ou plutôt un œil, puisque l'autre était contre ses draps) et détailla du mieux qu'il put la scène, tentant de faire abstraction de la lumière blafarde et agressive du plafonnier qui lui brouillait la vue. Léonard était face à lui, couché sur son lit. Quoique, ''étalé'' serait un mot plus juste. Son dos nu se soulevait rapidement, suivant le rythme de sa respiration saccadée ; ses cheveux blonds comme les blés, habituellement joyeusement soulevés autour de son visage, lui tombaient tristement sur la figure. Le petit prince avait perdu sa couronne, ou plutôt, était en train de s'endormir dessus.

Leopold croisa le regard vert du blond, puissant malgré sa fatigue évidente. Ce regard, c'était des rires, des joies, des colères, des déceptions, une impressionnante motivation, une envie folle de croquer l'instant, de l'insouciance à l'état pur malgré l'évidente fatigue qu'on y lisait. Généralement, les yeux ne reflétaient que l'émotion passagère de la personne, pas son histoire. Les yeux du blond le fascinaient depuis longtemps, depuis leur rencontre peut-être, mais le châtain n'avait jamais pris le temps de se demander pourquoi, et surtout, il n'avait jamais osé les regarder aussi longtemps.

Il se rendit alors compte que ça n'était pas forcément très poli ou même approprié de le dévisager ainsi sans rien dire, surtout après ce qu'il s'était passé. Leopold ouvrit alors la bouche, la referma, déglutit, et dit simplement, d'une voix hésitante : « Tu es rentré. » En le disant, il se rendit compte que premièrement, c'était une affirmation particulièrement stupide, et deuxièmement il l'avait plus soufflé qu'autre chose ; Léonard n'avait sûrement rien entendu. Il se redressa alors et s'assit sur son lit. Il passa ses mains fraîches sur son visage, et répéta sa phrase d'un voix claire, sans regarder son interlocuteur.

Soudain, sans raison aucune, le grondement revint, semblable au roulement du tonnerre, plus brut et violent encore. Et ce bruit, il avait faim. C'était une bête sombre, tapie au fond de lui, et qui réclamait des cris, des coups, des larmes, de la violence. Pourquoi ?! Qu'est-ce-qu'il m'arrive ? Brusquement et sans un mot, il se dirigea le plus vite possible vers la porte, lâchant un « J'reviens » pressé.
Et pendant qu'il traversait le couloir silencieux du dortoir, il avait mal, mal. La bête grattait, remuait les entrailles du jeune homme. Il arriva aux sanitaires des garçons, déserts, et se précipita sur un lavabo. Il se passa de l'eau sur le visage, une fois, deux fois, trois fois. Et quand il osa enfin relever les yeux vers le miroir, ce qu'il y vit lui glaça les sangs.

Il voyait son père, jeune, mais son père. C'était lui. Il était revenu.
Leopold avait toujours su qu'il lui ressemblait terriblement, mais il y avait toujours eu une chose pour les différencier, une seule chose : un regard. Terne et posé pour Leopold, ardent et calculateur pour son père. Et désormais, alors qu'un quelconque quidam aurait vu dans ce miroir un grand jeune homme aux cheveux châtains, à l'air paniqué et au T-shirt trempé, Leopold n'y voyait qu'un regard, brûlant d'une rage joyeuse, entraînante. Et pendant qu'il s'abîmait dans la contemplation de cette violence, de ce brasier destructeur, il se surprit à penser : De quoi as-tu peur ? Dans le fond, tu as toujours su que tu étais comme lui, que tu étais lui. Tu as peut-être essayé de le cacher pendant des années, mais j'étais là, tapi. Tu préférais me cacher derrière un mépris froid et une hypocrisie calculée, n'est-ce-pas ?

Et il sut que c'était vrai. Cette violence, cette colère qu'il habillait de faux-semblants et de mots bien choisis, c'était lui. Et Léonard l'avait faite ressortir ce soir-là, pour le meilleur, mais surtout pour le pire.
Leopold s'entendit à peine dire qu'il allait tuer son colocataire en quittant la pièce. Il retourna dans leur chambre, et demanda à Léonard d'une voix forte, comme s'il n'avait pas quitté la chambre : « Alors ? Tu t'en es tiré comment ? »
Leopold souriait, comme à son habitude. Mais ce soir-là, son sourire était féroce, carnassier. Il allait en faire de la chair à pâté, de ce blondinet.
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Dernière édition par Leopold Stern le Mer 28 Fév - 22:08, édité 1 fois

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Léonard et Leopold se regardèrent ainsi pendant un moment, sans rien dire. Le blond était trop fatigué pour dévier le regard, et le visage de son colocataire l'apaisait, surtout couplé avec la lumière blanche de la lune qui parvenait à traverser les volets. Il aurait pu rester ainsi, silencieux, à échanger des regards avec Leopold. Il avait l'impression qu'à cet instant, ils se comprenaient sans vraiment savoir comment ni pourquoi.

Leopold souffla quelques mots qui ne parvinrent pas aux oreilles de Léonard, mais cette mélodie chuchotée l'accompagnait dans son sommeil. Leopold venait de lui chanter une adorable berceuse de sa voix chaude, sans avoir fait exprès. Léonard ferma alors les yeux, emboîtant le pas au silence qui suivit cette chanson.
Or, son colocataire vint briser une seconde fois la musique sourde de leur chambre en parlant fort. Léonard ouvrit ses yeux et regarda Leopold. Oui, il était rentré. Devait-il absolument affirmer une chose évidente pour l'empêcher de dormir ?
Il taquina tout de même Leo en répondant un "Oui" étouffé dans ses oreillers. Son propre souffle lui réchauffa le visage et lui fit un bien fou. Le haut de son corps était détendu, le bas de son corps hurlait de douleur. Le mal, même sans bouger son pied, continuait de marteler toute la chair au rythme de ses battements cardiaques.
Alors, il tenta d'ignorer cette blessure en fermant les yeux, et calma sa respiration désormais plus régulière.

Finalement, Leopold se leva et partit de la chambre en prévenant qu'il reviendrait. Léonard ne voulait plus savoir ce qu'il faisait à présent. S'il allait le dénoncer : qu'à cela ne tienne. S'il voulait faire une petite promenade : Do what you want. S'il allait voir sa petite amie secrète : Elle n'attend que toi, cours !
Sans réellement comprendre, cette dernière pensée lui serra le coeur. C'était vrai qu'il ne connaissait pas grand chose de Leopold. Léonard lui racontait sa vie en long, en large et en travers, mais qu'en était-il du sportif ? Il ne savait rien de lui. Il était au courant que du plus évident et du plus barbant. Il n'avait jamais réalisé, mais Leo ne s'était jamais confié à lui... Alors, c'était uniquement une amitié à un sens ?

Aussitôt cette question posée, la fatigue reprit le dessus et Léonard ferma les yeux. Il avait tant besoin de dormir, de se sentir dans les bras tendres et aimants de Morphée. Il n'avait pas besoin de se prendre la tête ou de réfléchir à tout ce que son cerveau lui imposait comme idées farfelues.

Et pourtant, quand Leopold revint, il était loin d'imaginer ce qui l'attendait. Seule la voix puissante et catégorique de son colocataire pouvait présager une mauvaise discussion.

« Alors ? Tu t'en es tiré comment ? »

Avec un tel ton, Léonard se redressa légèrement sur son coude et accorda un regard à Leopold. Ne pouvaient-ils pas en discuter demain ? Ou ce n'était pas si évident ? Il était fatigué - non - exténué. Son corps était si lourd qu'il ne savait pas comment il arrivait à le supporter. Il en avait même oublié cette deuxième chaussure que son colocataire avait dû chercher pour lui.
Il haussa les épaules - enfin, il essaya - et bascula sa tête sur le côté. Il expira fortement et lui répondit, las :

« J'ai couru, je l'ai semé, puis je suis rentré. ».

Il soupira et lui demanda :

« Tu veux pas qu'on en discute demain ? »

Si seulement... Si seulement il avait idée de ce qui arrivait...


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A vrai dire, il n'écouta pas l'explication embrumée de Léonard. Il continuait à sourire, attendant le bon moment pour exploser.
Léonard avait soupiré, deux fois. Est-ce-qu'il se fout de ma gueule ? Il me cherche, il me nargue ? pensa à toute vitesse le jeune homme. Malgré ses efforts pour retenir le flot d'amertume qu'il sentait monter en lui à toute vitesse, Leopold ne put s'empêcher de serrer les poings jusqu'à s'en faire blanchir les jointures. Il continua néanmoins à afficher son sourire serein, et il fit quelques pas en direction de son armoire.

Pendant qu'il en ouvrait les portes, Leopold retint une pique acide, qui aurait été prématurée. Il faut que j'attende un peu, je vais le laisser s'énerver tout seul… Et quand il sera monté sur ses grands chevaux, je pourrais l'en faire chuter. La petite voix n'avait même plus à le conseiller : il savait exactement ce qu'il allait faire.
Il passa sa langue sur ses lèvres, savourant déjà les mots empreints de violence qu'il allait pouvoir balancer à Léonard. Il allait le secouer, ce gosse de bourge qui se croyait tout permis. Alors qu'il saisissait un nouveau t-shirt, il l'entendit lui demander : « Tu veux pas qu'on en discute demain ? ». Leopold déplia silencieusement le vêtement, blanc, pur, et répondit simplement : « Non. » Il n'était pas question de lui laisser du répit, de le laisser se reposer. Il voulait le briser maintenant, tout de suite. Il voulait le mater maintenant pour qu'après, lui désobéir soit la dernière idée qui traverserait l'esprit du blondinet. Il lança le t-shirt sur son lit, et referma les portes en bois. Il retira alors celui qu'il portait actuellement, laissant apparaître un torse plat, et des épaules très légèrement carrées, et laissa le tissu tomber au sol, roulé en boule.

Alors qu'il s'apprêtait à enfiler celui jeté sur son lit, il demanda d'une voix blanche à son colocataire : « Je peux savoir ce qu'il t'est passé par là tête ? Tu t'es dit : je vais aller vandaliser la chapelle de l'école et rentrer après l'extinction des feux, c'est forcément une bonne idée ? »
Le châtain avait essayé de maîtriser sa voix pour faire transparaître le moins possible son impatience à en venir aux grands mots, voire aux mains. Après tout, il ne s'était jamais battu, mais il y avait bien un jour pour commencer, non ?

Il enfila enfin le t-shirt, et reprit la parole, d'un ton plus agressif qu'auparavant : « J'en ai ras-le-bol que tu fasses n'importe quoi avec le règlement. Fais tes gages à la con, fais-toi choper par un pion si ça te fait marrer, j'en ai rien à branler pour être franc. Mais je ne supporterai pas, et il s'approcha du lit de Léonard pour finir sa phrase, je ne supporterai pas que tes conneries me retombent dessus, d'une façon ou d'une autre, d'accord ?! »
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« Non. »

Cela avait le mérite d'être clair. Cependant, pourquoi ce ton ? Pourquoi avait-il le sentiment d'être agressé ? Léonard n'avait rien fait de spécial. Léonard avait continué ce qu'il faisait de mieux. Léonard continuait d'entretenir sa personnalité et son bien-être. Et son colocataire ne pourra jamais trouver les mots pour lui faire changer d'avis.

Sentant qu'il n'allait pas pouvoir s'abandonner dans ses draps tout de suite, il se redressa entièrement, ignorant comme il put la douleur qui se propageait dans sa cheville. Il s'assit alors le plus doucement qu'il put, en tailleur, observant le sol, l'air ailleurs. Il ne voulait pas voir Leopold se déshabiller, c'était sa propre intimité.

« Je peux savoir ce qu'il t'est passé par là tête ? Tu t'es dit : je vais aller vandaliser la chapelle de l'école et rentrer après l'extinction des feux, c'est forcément une bonne idée ? »

Il posa finalement les yeux sur Leopold, les sourcils légèrement froncés. Il ne comprenait pas. Depuis quand ça le gênait ? Cela faisait quoi, trois mois maxi qu'il partageait sa chambre avec lui, qu'il lui racontait ce qu'il faisait de mieux, et c'était seulement maintenant que ça le dérangeait ? Il était vraiment long à la détente.

Léonard inspira profondément, tentant de se mettre dans le bain d'une future dispute qu'il ne comprenait manifestement pas. Quel était le but ? Pourquoi il s'énervait ? Il était persuadé qu'il n'allait pas tarder à connaître la réponse.
Il ne connaissait cependant pas cette facette de son colocataire. Il s'attendit alors au pire. S'il était le genre de personne qui mentait sur leur propre personnalité alors qu'au fond, ce sont de vraies ordures, il allait lui faire comprendre que Léonard n'était pas un gentil petit chien docile, patte blessée ou non.
Il commença alors à remarquer les poings de Leopold, serrés. Il afficha un air beaucoup plus sérieux.

« J'en ai ras-le-bol que tu fasses n'importe quoi avec le règlement. Fais tes gages à la con, fais-toi choper par un pion si ça te fait marrer, j'en ai rien à branler pour être franc. Mais je ne supporterai pas... Je ne supporterai pas que tes conneries me retombent dessus, d'une façon ou d'une autre, d'accord ?! »

Il supporta le regard de Leo sans sourciller. Il était fatigué, il avait mal, il voulait juste dormir. Etait-ce si difficile que ça à comprendre ou alors le sportif voulait vraiment montrer qui avait la plus grosse ? Léonard n'était pas d'humeur, surtout pour jouer à son petit jeu de force.
Alors, il respira calmement et se posa un instant pour calculer sa réponse. Mais il avait oublié qu'à cet instant précis, il n'était absolument pas en mesure de réfléchir. Tout ce qu'il fit était de regarder Leopold, l'air pensif. Lui montrant clairement que son numéro d'intimidation ne fonctionnait absolument pas : il avait vu pire, avec ses parents.

Puis, il se dit qu'au final, il allait lui expliquer que :

« Ca retombera jamais sur toi. Ce soir ça aurait pu, mais uniquement parce que tu as décidé de venir. ».

Il pencha la tête légèrement sur la gauche, une lueur de défi dans les yeux. Il passa la langue sur ses lèvres pour les humidifier et continua sur sa lancée :

« D'ailleurs, tu peux répondre à ma question : Pourquoi tu es venu ? »

Il se demandait si le Leopold calme et amical était une façade, au final. La personne avec qui il vivait depuis peu de temps maintenant était-il faux ou quoi ? Après tout, il avait toujours l'air compréhensif, amusé, extraverti, et là... Il avait décidé de rejoindre Léonard pour une raison qui lui était obscure, et il devenait agressif à cause de ça... ? Vraiment, envoyer un sms, était-ce si difficile ?
Cependant, il laissa ses jugements de côté et attendit de voir la suite des événements. Il n'avait pas à le rendre coupable par des suppositions.


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Leopold était surpris, il fallait l'admettre. Le self-control de Léonard l'impressionnait ; d'ailleurs, la lueur dans ses yeux disparut quelques instants pour laisser place à l'étonnement. Mais elle revint ensuite, plus brillante et plus mauvaise encore.
Le mur d'impassibilité qu'était le blondinet ne faisait qu'accentuer la rancœur du châtain : il avait l'impression de se faire engueuler par son père, d'être un gamin face à un adulte qui prétendait avoir réponse à tout. Mais non, son père n'avait pas réponse à tout, et Léonard non plus.

« Alors comme ça c'est de ma faute si ce type nous a surpris ? C'est clair que le boucan que tu faisais n'y est sans doute pour rien, mille excuses. » lâcha Leopold ironiquement, notant le regard effronté de Léonard.


« D'ailleurs, tu peux répondre à ma question : Pourquoi tu es venu ? » reprit le blond. Très bonne question… En y réfléchissant, l'aîné des deux garçons se rendit compte qu'il ne savait pas du tout pourquoi il avait fait cela. Il eut un rire sans joie, et répondit honnêtement : « A vrai dire, je n'en ai aucune idée. C'est stupide, non ? Comme si j'en avais quelque chose à faire... »

Leopold laissa un court instant de latence, puis reprit, le plus calmement possible : « Toi… toi tu t'en fous de tout ça, de te faire choper, de te faire virer. Tes parents sont blindés, comme tout le monde ici, et le Directeur aura vite fait de passer l'éponge sur tes actes. Et même si tu venais à te faire virer, tes parents n'auraient qu'à claquer des doigts pour te trouver une autre école. Toi, t'as rien à perdre ! Rien ! Malgré lui, sa voix montait mais il ne pouvait s'arrêter. Mais moi, je ne peux pas, je ne peux pas me permettre de risquer que les Délégués ou l'administration s'intéressent à moi ! Pas maintenant, pas après tout ce que j'ai fait ! » Il hurla cette dernière phrase.

Alors que Leopold reprenait son souffle, ses pieds lui parurent glacés, comme tout son corps. Il était blême et il tremblait de colère, plus dirigée contre lui-même que contre le blond.
Il n'avait rien à reprocher à Léonard. Tout était de sa faute. Mais il fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui prenne. Quelqu'un qui paye pour son manque de sommeil latent, quelqu'un qui prenne pour son stress permanent, quelqu'un qui prenne pour tous les mensonges qu'il avait accumulés, quelqu'un qui prenne pour son monde qui se désagrégeait petit à petit… Les Délégués, les Élites, son père, sa mère, sa colère, ses certitudes. Et plus il pensait à tout cela, et plus sa colère se transformait en douleur, en tristesse. Il voulait que tout s'arrête, que tout redevienne comme avant. Comme avant cette soirée, où il pouvait mépriser Léonard et les autres, où il pouvait se permettre de prendre les autres de haut. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'il craque maintenant ? Il ne pouvait pas laisser Léo savoir qui il était, et pourtant, il avait l'impression que c'était déjà le cas.

Il ne se reconnaissait plus. Il ne pensait même plus. Il ressentait. C'était quelque chose qu'il s'était trop longtemps interdit, ressentir. Et là, le jeune homme était en train de se prendre une grande claque de sensations, une grande claque de sentiments, une grande claque de vie.
Il avait mal. L'air lui paraissait trop froid, les couleurs trop vives, et le silence trop bruyant. Il passa ses mains glacées sur son visage, et quand il les retira, il croisa le regard vert, puissant, vivant de Léo, et il cracha, d'un air désespéré, coupable : « Ne me regarde pas comme ça ! Je te l'interdis ! Je vous l'interdis à tous... »
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Léonard l'observa toujours avec détachement. L'inquiétude de Leopold était injustifiée, et sa colère également. Léonard constata uniquement ce passage à tabac verbal contre sa propre personne, alors qu'au fond, c'était Leopold qui était venu. Il était unique responsable de ses éventuels actes, et encore : Le blondinet avait tout fait pour que son colocataire ne se fasse pas prendre. Il avait prit des risques inconsidérés par sa faute, avait couru pendant dix longues minutes - si ce n'était plus - avec un pied lancinant... Et par dessus le marché : il lui hurlait dessus. Il n'allait pas s'en sortir indemne de cette conversation, the elite guy.

« A vrai dire, je n'en ai aucune idée. C'est stupide, non ? Comme si j'en avais quelque chose à faire... »

Léonard manqua de rire. Et il osait lui crier dessus pour quelque chose dont IL est responsable ? Il osait penser que Léonard était le seul fautif dans cette affaire ? Il osait croire qu'il était innocent là-dedans ?
Le corps du Year 12 se tendit, ses muscles se contractèrent, bien que fatigués. Ses mains tremblaient de pouvoir lui en mettre une en plein dans la figure, réduisant cet air énervé à néant grâce à la caresse mordante et violente de ses phalanges. Mais il se retint, attendant la suite de ses fabuleuses explications de garçon manifestement pourri, incapable d'empathie et... Et qui c'était, au final ? Ce gars-là, en face de lui, qui c'était ? Il ne connaissait que son nom, sa classe, son âge et son emploi du temps. Ses rires et ses questions faussement intéressées avaient nourri une relation vide, combien même Léonard y avait mis du sien. Ce garçon aux cheveux bruns, énervé, antipathique, hors de contrôle... Ce n'était pas le Leopold qu'il avait côtoyé.

Son poing venait de se crisper à cet instant, le regard de Léonard encore plus assassin qu'il ne l'aurait voulu. Son bras était sur le poing de partir, quand :

« Toi… toi tu t'en fous de tout ça, de te faire choper, de te faire virer. Tes parents sont blindés, comme tout le monde ici, et le Directeur aura vite fait de passer l'éponge sur tes actes. Et même si tu venais à te faire virer, tes parents n'auraient qu'à claquer des doigts pour te trouver une autre école. Toi, t'as rien à perdre ! Rien ! Mais moi, je ne peux pas, je ne peux pas me permettre de risquer que les Délégués ou l'administration s'intéressent à moi ! Pas maintenant, pas après tout ce que j'ai fait ! »

Léonard continua de le tuer par son regard, mais empêcha le poing de voler contre sa face. Il déglutit, sa gorge sèche. Il tenta de reprendre le contrôle de ses émotions, écoutant attentivement ce que lui disait son "camarade".  Et qu'avait-il fait, ce brun ? Pourquoi serait-il à ce point dans la merde si il se faisait prendre ? De plus, son colocataire faisait parti de l'Elite, donc il avait non seulement la confiance des délégués mais en plus il était pété de thunes. Alors quoi ?
Il le regarda, impassible, reprendre son souffle. Il avait l'impression que la colère de Stern venait de passer chez Léonard, mais contrairement à lui, il la réprima. Il voyait bien qu'il était mal, actuellement, et que sa fureur était toute autre que ce qu'il prétendait. Mais il ne pouvait pas aller à l'encontre de ce qu'il haïssait. Il venait de comprendre qu'il lui avait menti, pendant des mois, sur sa propre personnalité, et il aura du mal à lui pardonner. S'il lui pardonne un jour.

Il l'observa alors avec un regard plus doux mais toujours inquisiteur.

« Ne me regarde pas comme ça ! Je te l'interdis ! Je vous l'interdis à tous... »

Il haussa les sourcils. Il avait voulu un instant avoir de la compassion pour lui, mais il ne savait plus à qui il s'adressait. Leopold Stern. Le gars qui partageait sa chambre.
Il ferma les yeux et tenta de raisonner. Tout le monde sous la colère devenait plus ou moins une autre personne. Il ne pouvait pas juger comme cela... Cependant... Le voir perdu dans sa propre fureur le berça dans l'idée qu'il avait raison de le traiter comme un menteur lâche et égocentrique. Mais il allait lui faire une fleur. En dernière chance.

Seulement, sa mâchoire se serrait tellement qu'il ne pouvait en sortir que des mots assassins. Il se calma alors, restant silencieux le temps qu'il fallut. Il raisonna, encore et encore, tentant de prouver l'innocence de Leopold Stern. Rien n'était sûr, rien n'était prouvé. Mais beaucoup de choses ont été dites et beaucoup de révélations ont été faites. Or, il devait garder la tête froide en cet instant. Il ne pouvait y avoir qu'une personne pouvant perdre son sang froid.

Il soupira en disant ces mots :

« Désolé. Je suppose que c'est ce que t'attend de moi, actuellement ? De m'excuser ? ».

Il avait tenté. Il avait essayé de rester calme mais voilà déjà que l'énervement repris le dessus. Il garda cependant le contrôle, empêchant un quelconque dérapage physique. Il ne voulait pas le blesser. Ou alors pas encore.

« Au cas où tu serais pas au courant, je ne suis responsable en rien de ce qui t'arrive. A ce que je sache, je te connais que depuis trois mois. Léonard ne put s'empêcher d'esquisser sourire de rage, crispé.  Les Délégués ne te soupçonneront jamais, et tu sais pourquoi ? Parce que je suis certain que ton dossier est clean et en plus ils te font confiance. Oh et non, je m'en branle pas de me faire choper. C'est pour ça que je fais tout ce que je fais seul.»

Il avait profité de l'instant de faiblesse de Stern pour lui cracher à la figure quelques mots meurtriers. Et encore, ce n'était rien par rapport à ses pensées. Ses doigts avaient la folle envie de chatouiller le plus violemment du monde ce gars qui pensait être la victime de tout. La paume de sa main voulait caresser non sans hargne le visage si parfait de son colocataire imbu. Son poing voulait le rouer de coups, à tel point qu'il lui demande pardon des milliards de fois.

Or, cela ne resta qu'une envie. Léonard était foncièrement contre l'idée de frapper quelqu'un, quand bien même cette personne le méritait. De plus, Leopold devait juste être perdu...
C'était inutile de chercher à se convaincre davantage. Léonard lui en voulait, et ce n'était vraiment pas une bonne nouvelle.


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Avant cette soirée, Leopold n'avait jamais compris pourquoi l'on disait que lorsqu'on avait un ennemi, la meilleure attitude à adopter avec lui était l'indifférence. Cela lui semblait illogique, et pourtant… Pourtant ce soir, alors qu'il était totalement en train de perdre ses nerfs face à un garçon qui restait de marbre, il comprenait. Oui, l'indifférence, c'était pire que toutes les insultes, pire que tous les coups : c'était cent fois pire. Ça laissait un goût amer dans la bouche, ça irritait la gorge, ça glaçait l'air dans les poumons. Ça rendait dingue aussi. En tout cas, ça le rendait dingue. On ne restait pas impassible face à lui ! On l'admirait, le jalousait, le détestait… mais on ne pouvait pas l'ignorer, c'était… cruel.

Après leur échange de regards, qui avait été suivi d'un long, très long silence, Leopold entendit son cadet s'adresser à lui : « Désolé. Je suppose que c'est ce que t'attend de moi, actuellement ? De m'excuser ? »

OUI ! OUI JE VEUX QUE TU T'EXCUSES POUR ME FAIRE PERDRE LA TÊTE ! JE VEUX QUE TU T'EXCUSES PARCE QUE TU ME RENDS MALADE ! JE VEUX QUE TU T'EXCUSES PARCE QUE TU… TU… JE TE HAIS !
C'était ce qu'il avait envie de lui hurler en réponse, à ce petit blond faussement conciliant, faussement prêt à lui pardonner, à faire ce qu'il s'attendait qu'il fasse. Leopold avait toujours évité d'attendre des autres, et il avait plutôt réussi jusqu'à présent. Il n'attendait pas d'aide ni de conseils, il n'attendait pas d'amour ni d'hommages, il n'attendait pas de haine ni de coups. Il attendait simplement… de la reconnaissance ? Du respect ? De la crainte plutôt. Et là, Léonard était loin de le craindre, et il savait pourquoi.
C'était lui qui craignait actuellement. Premièrement, il craignait de se laisser aller ainsi, de s'exposer aussi véritablement au regard du blond. Deuxièmement, il craignait que tous ses efforts soient réduits à néant, il craignait que son monde continue de s'effriter autour de lui. Il craignait de mourir. Pas d'être tué, non, même de la part des Délégués il ne craignait rien de si… terre-à-terre. Il craignait de mourir dans le sens, disparaître. Si Léonard, Les Délégués, le lycée découvraient tout… Il serait comme ces croyances, qui finissent par mourir et par sombrer dans l'oubli. Il ne s'en remettrait pas.

Pendant cette introspection, Léonard avait continué à parler :
« Au cas où tu serais pas au courant, je ne suis responsable en rien de ce qui t'arrive. A ce que je sache, je te connais que depuis trois mois. Les Délégués ne te soupçonneront jamais, et tu sais pourquoi ? Parce que je suis certain que ton dossier est clean et en plus ils te font confiance. Oh et non, je m'en branle pas de me faire choper. C'est pour ça que je fais tout ce que je fais seul.»

Dans la tête du châtain, les précédentes syllabes furent associés en mots, puis ces mots formèrent des phrases, puis ces phrases eurent un sens. Lequel ? Leopold ne le saurait jamais. Il avait écouté automatiquement, et les déboires de son cerveau lui paraissaient bien inintéressants, comparés aux yeux du blond, à la légère inflexion de sa voix sur la fin et à la teinte rosée qu'avaient pris ses joues pendant sa tirade. Il s'énerve , constata simplement le Year 13.

Il ne sut pourquoi, mais alors que quelques secondes auparavant, il brûlait d'une rage folle, il avait maintenant très très envie de lui sortir : « Vous êtes très belle quand vous êtes en colère  » (en français bien sûr, cliché oblige).
Attends ? QUOI ? Pourquoi il pensait à ça ? Maintenant en plus ? Genre, il était en train de perdre toute crédibilité auprès de ce type, probablement en train de se faire engueuler, et le seul truc qui lui venait à l'esprit était un train d'humour douteux, pouvant être très mal interprété ? Et puis depuis quand faisait-il dans l'humour en plus ?

Ce ne fut qu'en essayant de comprendre ce qu'il se passait que le châtain réalisa qu'il s'était enfin calmé. Il ne tremblait plus, sinon de froid, et le grondement sourd s'était tu, laissant place au silence de l'apaisement. Enfin.  Cependant, Léonard, lui, semblait plus tendu que jamais. C'était comme si le monde devait sans cesse se rééquilibrer : quand il ne contrôlait plus rien, le Léonard jovial et énergique faisait place à un mur de silence. Quand lui se calmait, le blond commençait à monter en pression.
Le blond et le châtain.
Le fidèle et le traître.
Le yin et le yang.
Le jour et la nuit.
La marée.
Une danse.
Oui, une danse. Ils étaient en train de danser ; dès que Leopold avait cessé d'être celui qui menait la danse, celui qui créait de l'énergie avec sa colère, Léonard avait repris l'ascendant. Son corps était tendu de colère, sa bouche, tordue, et son regard brillait d'une lueur que Leo n'y avait jamais vue.

Il regarda alors fixement le blond, sans ciller, et porta un regard neuf sur celui-ci. Celui qu'il avait considéré jusqu'à maintenant comme une nuisance tolérable, le genre de problème auquel on s'habitue et qui nous fait drôle quand il disparaît, était maintenant… différent. Il n'aurait su dire pourquoi ni comment, mais il en était ainsi.

Bon. Différent ou pas, il faut que je reprenne le contrôle de la situation et que je réussisse à l'empêcher de me casser la figure. Pas gagné.

Il expira silencieusement, comme pour chasser les derniers relents de colère qui auraient pu l'animer, et ferma temporairement les yeux. Il recula de quelques pas, assez pour sentir le mur frais contre son dos, et il souleva ses paupières, tout en gardant le regard vers le bas. Il dit alors, d'un ton calme, plus calme que celle qu'il avait habituellement et beaucoup plus que celui qu'il venait d'utiliser : « C'est moi qui m'excuse. Il releva alors le regard. Il fallait qu'il la joue fine pour qu'au moins, à défaut de lui faire de nouveau confiance, l'autre se calme. J'ai déconné. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Bien sûr que tu n'as pas à t'excuser. Tout est de ma faute. » La dernière phrase était très clichée, mais il se rendait compte que c'était la vérité, pour une fois. Il avait dit la vérité : c'était de sa faute. Léonard n'avait rien à voir avec sa colère. C'était lui le seul et unique responsable de ce problème, de ce bug dans la Matrice.
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Si Leopold commençait enfin à se détendre, Léonard ne faisait que l'inverse depuis quelques minutes déjà. Il était si furieux... Furieux d'avoir été sujet à des cris injustifiés et injustifiables, furieux de s'être rendu compte de cette vaste supercherie, furieux contre Stern. La fatigue, en plus de cette colère nouvelle, lui donnait un mal de crâne aussi vif que soudain. Son cerveau voulait tout arrêter, se mettre en pause quelques heures histoire de récupérer. Ses membres appelaient à rester immobile le temps d'une nuit. Ses oreilles se mirent à siffler, son bras commençait à lui faire mal tant ses muscles étaient contractés. Son corps lui hurlait de se calmer, de se détendre, d'ignorer cette fureur le temps qu'il dorme jusqu'au petit matin. Mais Léonard était sourd à tous les appels de son corps. Mais les preuves de ses mensonges... Le mirent hors de lui.

Il observa le gars s'éloigner de lui. Percevait-il le danger ? Entendait-il les vibrations de rage émaner des pores de Léonard ? Voyait-il le regard assassin du blond ? Sentait-il l'aura du Year 12 s'assombrir ? Qu'elle que soit les réponses, il était désormais loin de lui, dos au mur, mais toujours face à Léonard. L'air serein.

Alors Stern commençait finalement à redevenir le gentil et intéressé, comme il l'avait montré au jeune De La Croix ? Il reprenait enfin du poil de la bête ? Il chassait finalement le Leopold enragé et avide de souffrance pour l'empathique et drôle ?
Ses poings se serraient tellement qu'il avait l'impression que ses ongles s'enfonçaient dans sa peau. C'était probablement le cas. Il ne sentait plus rien. Plus rien de physique.

« C'est moi qui m'excuse. »

Léonard haussa un sourcil, peu convaincu. S'il voulait vraiment s'excuser, à cet instant, il serait en train de le masser, en lui ayant au préalable servi un cocktail - ou un chocolat chaud. Il n'arrivait pas à croire qu'en quelques minutes, voire quelques secondes, l'enragé avait laissé place au doux. Il fallait avoir l'habitude de se camoufler derrière une apparence pour réussir un tel tour de passe-passe. Quand Léonard s'énervait, il en avait pour au moins une demi-heure avant de passer à autre chose - et encore ! Stern fit preuve d'un véritable self-control après avoir fait surgir la tempête.

« J'ai déconné. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Bien sûr que tu n'as pas à t'excuser. Tout est de ma faute. »

L'étonnement sarcastique se lut sur le visage du Year 12. Son regard dériva sur le sol, il joua avec sa langue en la passant sur ses dents et opina sans s'arrêter. Il inspira, et finit par faussement détendre son visage, un sourire sur les lèvres.

Il ne pouvait pas se lever : à la bonne heure pour le brun. Cependant...

« Bah quoi ? Tu t'attends à ce que j'accepte tes excuses comme ça ? J'ai même pas droit à un peu d'explications ? ».

Il se releva sur les bras, l'air menaçant. Il avait bien fait une course de dix minutes. Combien même son pied souffrait, il pouvait se lever sous l'effet de l'adrénaline et de la colère. Son sang devait circuler à une vitesse folle dans ses veines, il avait l'impression que son cerveau allait exploser sous l'irrigation trop importante que lui procurait ses artères.

Si son torse s'était soulevé rapidement à cause d'un épuisement physique, à cet instant c'était pour une toute autre raison. Il avait risqué, il lui avait pardonné d'être arrivé dans cette putain de chapelle, il avait presque laisser tomber le combat avec son colocataire. Il lui avait même laissé une chance en lui demandant de le reporter le lendemain.
Il n'allait pas le laisser s'en sortir de cette façon.

« C'est pas commun de te voir à ce point énervé. J'ai fait quoi pour mériter un acharnement pareil ?!»

Il le pointa du doigt, comme si le brun était coupable d'un crime effroyable. Ce qui, aux yeux du blond, était le cas.
Il n'était sûr de rien. Il ne savait pas si ses accusations étaient fondées. Mais de toutes les impressions que lui a renvoyées ce... Ce gars, il ne pouvait ignorer qu'il pouvait avoir raison. Certes, il avait l'air de souffrir, mais pourquoi souffrait-il ? Pourquoi il devait le regarder autrement ? Pourquoi s'acharnait-il à se cacher ?

« Crois-moi, te défiler servirait à rien.»


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« Bah quoi ? Tu t'attends à ce que j'accepte tes excuses comme ça ? J'ai même pas droit à un peu d'explications ? ».
Leopold releva complètement la tête, et son regard vint croiser celui du blond. Attendez. Ça n'était pas censé se passer comme ça. Le script de cette soirée, qui s'écrivait au fur et à mesure dans la tête du châtain, n'était pas respecté. Pas du tout.

SCRIPT DE LA SCÈNE « LA DISPUTE » :

[...]

Plan large (les personnages sont de profil) : après les excuses de Leopold, Léonard lui jette un regard méfiant.

Plan rapproché sur Léonard : Il baisse ensuite les yeux, ne dit rien pendant 3 secondes. Il se mordille les lèvres, hésitant.

La caméra se place derrière Leopold, légèrement décalée pour qu'on voie Léonard. Celui-ci dit, d'une voix claire, bien qu'encore hésitante :
« Je peux comprendre, ça arrive à tout le monde. Nous sommes tous les deux fatigués, je me suis aussi emporté. Bonne nuit ! »

Plan sur Léonard depuis le lit de Leopold (on voit le jeune homme étendu sur son lit) : il sourit, et se glisse sous les draps. Leopold lui souhaite bonne nuit.

Plan rapide sur Leopold : un sourire discret passe sur son visage alors qu'il éteint la lumière. On entend le bruit des draps qui se froissent.

FIN DE LA SCÈNE « LA DISPUTE ».


Mais non. Ça ne se passait pas comme ça. D'habitude, ses scripts mentaux étaient plutôt cohérents, et à part si un facteur x lourd de conséquences intervenait, tout se passait plus ou moins comme il le prévoyait. Mais à ce moment là, le châtain comprit que son script ne pouvait pas fonctionner, puisque celui de la soirée entière était défectueux. L'acteur qu'il était avait brisé la cohérence de son personnage, et maintenant, le script s'écrivait en direct. Impro totale. Et, problème, c'était Léonard qui dirigeait les dialogues.

D'ailleurs, ce dernier profita du silence du châtain pour se relever sur ses bras. Leopold le trouva assez pathétique comme ça, visiblement épuisé, impuissant, cloué à son lit. Mais si il était physiquement inoffensif, il ne l'était pas verbalement. Il ne lui laissa pas le temps de chercher une réplique qu'il attaquait de nouveau, accusateur : « C'est pas commun de te voir à ce point énervé. J'ai fait quoi pour mériter un acharnement pareil ?!»

Le châtain soupira, et répondit, de son ton le plus calme : « Je te l'ai dit, tu n'as rien fait. Je me suis simplement laissé déborder par mon stress, j'ai pas mal de boulot en ce moment. Je ne suis qu'humain », dit-il, avec un rire discret. Lui qui haïssait les humains, et s'en servait comme d'une excuse. Il était décidément tombé bien bas. « Encore une fois, je suis désolé. » Il termina en osant un sourire timide. Il fallait stabiliser les choses aux yeux de Léonard : il devait être Leopold, souriant, affable, pas la personne instable qui avait subitement surgi dans la chambre quelques instants auparavant.

Mais son sourire disparut dès que le blond le pointa du doigt. Il le menaçait à l'aide de son index comme d'une épée, et son insinuation sur la lâcheté du Year 13 acheva de le vexer. Leopold répondit, d'un ton posé mais ferme : « Tu peux baisser ton doigt s'il te plaît ? Je n'aime pas qu'on m'agresse, même si je n'ai pas été impeccable. Et je ne suis pas lâche, précisa-t-il. Je n'ai pas peur de toi, ni de m'excuser. Comme je l'ai dit, j'ai simplement perdu le contrôle, et j'ai dit des choses que je n'aurais pas dû. » Il eut un geste désinvolte de la main. «  Je ne vais pas t'ennuyer avec mes… histoires. Ça n'a pas d'importance. Et de toute façon, il n'y a rien à dire. » En tout cas, rien qu'il n'avait envie de dire. Il doutait très sincèrement que son colocataire apprécie d'apprendre qu'il dormait avec un misanthrope et manipulateur de haut vol.

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Le calme envahissait le corps de son colocataire tandis que la colère résonnait dans celui de Léonard, alors que quelques minutes auparavant, ce fut l'inverse. Ses tempes battaient au rythme de son cœur contre sa chair, et sa mâchoire serrée sous l'impression d'avoir été trahi menaçait de briser sa dentition. Ce ressenti... Il le haïssait. Il haïssait ce sentiment de traîtrise, de mensonge. Et pourtant, ce sentiment était du uniquement à ses suppositions. Il se laissait aller par sa haine et voulait des réponses. Il ne le laisserait pas dormir avant d'avoir eu ce qu'il voulait. Lorsqu'il était empli de rage, il était encore plus têtu que d'habitude.

Et cette fois-ci, il les sentait ses excuses toutes préparées, avec une once de fausse sympathie. Il ressentait, et il haïssait. Stern continuait de lui mentir, il continuait son habituel manège, alors que Léonard tentait avec épuisement et rage de le faire s'arrêter. Sur son cheval, dans le carrousel, il lui envoyait les pompons remplis de venins pour stopper l'homme qui faisait tourner la machine. Il y était presque. Il en était persuadé.

« Je te l'ai dit, tu n'as rien fait. Je me suis simplement laissé déborder par mon stress, j'ai pas mal de boulot en ce moment. Je ne suis qu'humain »

Il avait presque envie de le croire, ne serait-ce que pour enfin se laisser bercer par ses draps et ses rêves. Mais non. Non, il avait envie de l'égorger. Il avait envie de lui faire comprendre que les relations humaines ne se basaient pas sur d'aussi basses excuses. Tout le monde peut les sortir, ce genre d'excuses débiles, là uniquement pour se conforter dans l'idée que nous n'avons rien fait de mal.
Malheureusement pour Leopold, personne ne s'énervait autant pour du stress et du travail. Qui plus est, les examens n'étaient pas pour tout de suite, et il n'avait pas l'impression de le voir travailler plus que d'habitude. Ou alors était-ce uniquement la rage qu'il éprouvait qui lui fit croire ça ? Dans tous les cas, il n'y croyait pas une seconde.

« Encore une fois, je suis désolé. »

Léonard se laissa doucement retomber. Mais il avait encore soif de réponses et d'explications.

« Tu peux baisser ton doigt s'il te plaît ? Je n'aime pas qu'on m'agresse, même si je n'ai pas été impeccable. Et je ne suis pas lâche. Je n'ai pas peur de toi, ni de m'excuser. Comme je l'ai dit, j'ai simplement perdu le contrôle, et j'ai dit des choses que je n'aurais pas dû. »

Il baissa sa main comme le Year 13 l'avait demandé, et se rassit doucement en tailleur, comme il l'était quelques minutes auparavant. Léonard se laissa penser qu'il avait tort depuis le début. Qu'au final, ses suppositions qui avaient nourri sa colère étaient encore plus infondées qu'il ne le pensait.
Il inspira profondément avant d'expirer. Ainsi il s'était totalement fourvoyé. Dans ce cas, il s'excuserait avant de se laisser dormir...

«  Je ne vais pas t'ennuyer avec mes… histoires. Ça n'a pas d'importance. Et de toute façon, il n'y a rien à dire. »

Stern... Venait de signer son arrêt de mort. Léonard avait donc raison ? Raison depuis le début ? « Ses histoires ? », « L'ennuyer avec ? », « De toute façon, il n'y a rien à dire ? ». Alors, tout ce qu'il avait dit sur le stress et le travail, c'était vraiment pour se donner une explication logique et pas trop intime ? Donc... Cette relation n'avait vraiment été que dans un seul et unique sens ?

Léonard se leva d'un bond. Il faillit tomber mais se rattrapa en bloquant sa jambe non endommagée entre son lit et lui-même, créant ainsi sa propre stabilité.
Si plus tôt il avait le regard assassin, à cet instant c'était tout son corps qui devenait menaçant. L’entièreté de ses muscles se tendirent et sa respiration devint très calme. Trop calme. Cela annonçait quelque chose de mauvais.

« Si. Vas-y, embête moi avec tes histoires. »

C'était annoncé comme un ordre. « Dis-moi la vérité », « T'as intérêt à me dire avec qui je suis depuis le début de l'année », etc. Stern, en quelques mots, venait de détruire toute la confiance que lui avait accordé Léonard. Il venait de détruire leur relation à sens unique, mais aussi la sympathie qu'il avait pour lui.

Léonard s'approcha, ses pas étaient alimentés par l'adrénaline qui battait dans ses veines. Son corps étaient supportés par des muscles endoloris et un pied souffrant. Son mental faisait tout le travail d'un corps ayant fortement besoin de sommeil. Il ne faudrait que quelques minutes avant que Léonard s'effondre sur le seul, les yeux clos et le cerveau endormi. Cependant, il était animé d'une rage plus forte qu'il ne l'aurait voulu.
Il s'arrêta à deux mètres du brun, le laissant ainsi à l'abri d'un coup de poing qui volerait malencontreusement sur son visage.

« T'as putain d'intérêt à me dire la vérité. »

Il avait haché ses mots, et venait de les balancer au visage de son colocataire. Et ce « putain » exprimait à lui seul la haine qui se développait dans les entrailles du blond. Jamais, au grand jamais il n'usait de violence verbale. Seulement, Stern avait dépassé les bornes. Il avait abusé de la gentillesse de Léonard. Il ne s'en sortirait pas.


Dernière édition par Léonard De La Croix le Ven 16 Mar - 19:51, édité 3 fois

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Leopold eut à peine le temps de se réjouir intérieurement en voyant le blond se rasseoir que déjà, il était debout. Instable, épuisé, mais déterminé. Putain, mais quand est-ce-qu'il lâche l'affaire ?

« Si. Vas-y, embête moi avec tes histoires ».

Le châtain écarquilla les yeux, pendant que ceux de Léonard le transperçaient de part en part.  La fuite lui parut soudainement une option tout à fait envisageable. Oh oui, courir, fuir et ne jamais revenir parmi les hommes. Une retraite loin de tout… Il dormirait dans une petite maison, et autour, il n'y aurait que les champs, le ciel et le silence. Lorsqu'il sortirait, il sentirait l'air frais du vent sur sa peau, la terre humide sous ses pieds.
Mais non. Il n'était pas là-bas. Il était à Hampton Academy, Londres, Royaume-Uni, coincé dans la chambre B-01 en compagnie d'un individu visiblement énervé et beaucoup trop curieux à son goût. D'ailleurs, l'individu en question ne semblait absolument pas se soucier de son silence et s'était approché de lui. Le blond était plus petit que Leopold de quelques centimètres, et était encore moins musclé que ce dernier. Pourtant, la colère qu'il dégageait suffisait largement à les mettre sur un pied d'égalité. Colère ? D'ailleurs, pourquoi est-il en colère ?

La réponse ne tarda pas : « T'as putain d'intérêt à me dire la vérité. »

Ah ? C'est donc ça le problème ? Désolé, mais dire la vérité n'est pas dans mes habitudes. Question suivante ? Malheureusement, plus il étudiait la question, moins il voyait comment se sortir de cette situation. Son esprit s'emballa alors, et la voix de son père lui revint : « Lors d'un incident quelconque, il y a toujours les trois mêmes possibilités : combattre, fuir, ne rien faire. Quel choix fais-tu ? »
Il étudia le plus rapidement possible la question, tout en soutenant le regard du blond : 
1) Combattre. Il voyait bien qu'il lui suffisait de pousser Léonard du plat de la main pour le faire tomber, mais ça n'était pas dans ses habitudes de s'en tirer par la violence. C'était typiquement humain, et donc méprisable. Et en plus, cela impliquait un contact entre lui et un autre corps… eurk.
2) Fuir. La fuite n'était pas non plus une solution, puisqu'il allait très possiblement se faire choper par un surveillant, et ça n'allait aucunement régler le « problème Léonard ».
3) Ne rien faire. Jouer la montre, et espérer que Léonard tomberait endormi ou se désintéresserait de lui. Ou mieux, qu'il oublie momentanément son existence.

Il choisit la troisième option, en décidant de ne pas faire avancer la situation. Alors qu'il ouvrait la bouche, les phrases creuses et inutiles qu'il s'apprêtait à dire posées sur les lèvres, il se ravisa. 
Il détailla Léonard de pied en cap, et eut un petit sourire d'admiration. Celui-ci n'était pas surjoué ; c'était un véritable sourire en coin, discret mais sincère. Si le Year 12 était très ennuyeux avec ses questions, il fallait au moins lui reconnaître une qualité : il n'abandonnait pas. Et la ténacité avait toujours été un maître mot chez les Stern. Ça méritait bien un peu d'honnêteté, non ? Et puis, il n'en pouvait plus de mentir, devoir se cacher. Léonard voulait savoir ? Eh bien il saurait, tant pis pour lui si ça le blessait. Ce monologue intérieur s'imposa à lui comme une évidence, alors qu'il faisait tout pour ignorer sa raison qui lui hurlait de ne pas faire ça.

Il effaça rapidement son sourire, et répondit, posément : « 'Je veux la vérité, toute la vérité, rien que la vérité', c'est ça ? On ne t'a jamais dit que toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre ? Enfin, j'imagine que tu t'en fiches. » Alors que son esprit continuait de lui ordonner de faire machine arrière, les mots lui vinrent naturellement. Ils attendaient de sortir depuis bien trop longtemps, et ils n'allaient pas laisser passer leur chance d'être entendus. « Premièrement : je suis désargenté, sans le sou, pauvre, ruiné, prolo, clochard. Sûrement bien plus que la plupart des Modestes. Et je ne donne pas cher de ma peau si les Délégués l'apprennent. » Avant que Léonard ne puisse répondre, il balaya l'air de la main et reprit en haussant légèrement la voix : « Ne me dis pas que ça n'a pas d'importance, nous savons que c'est faux. J'ai été accepté dans l'Élite dès la fin de ma première année. Je sais très bien ce que cela signifie : je suis fortuné, digne de confiance de la part des Délégués, et j'aurai sûrement un poste important par la suite : les contacts que je me crée ici seront mes futurs clients ou associés. Je ne peux pas me permettre de perdre la face maintenant. Je ne m'en remettrai pas. Deuxièmement… » Il s'interrompit, aux aguets. Était-ce une illusion, créée de toute pièce par son esprit en panique de voir ainsi la vérité dévoilée, ou était-ce la réalité ? Il venait d'entendre des pas dans le couloir. Encore ?! On va pas se faire choper deux fois quand même ?! Il regarda Léonard, interdit, et lui désigna la porte du menton. Il approcha sa main de l'interrupteur, prêt à appuyer dessus si quelqu'un se manifestait. 
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DE LA CROIX Léonard
&
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Leopold
Messe (basse) de minuit
Ses yeux ne quittèrent pas un instant le visage qui semblait difforme de Stern. Si assis il avait une horrible envie de dormir, il ne manquerait que quelques secondes avant que ses jambes ne le lâchent définitivement debout. Les forces qu'il pêchait dans ses ressources les plus enfouies commençaient à manquer, il le sentait dans ses bras. Il était incapable de les bouger. Même le bout de ses doigts devenait difficile à contrôler. Ses yeux s'humidifiaient, et il ne pouvait pas les essuyer pour mieux voir le visage du traître. Il trouvait cela tout de même ironique de mal distinguer le visage de son colocataire très proche de lui, à cet instant, alors que quelques minutes auparavant, il le voyait très nettement.

La réponse de Stern mit longtemps à venir, mais Léonard attendit. Il ne bougea pas d'un iota. Ses yeux fusillaient toujours ceux de son colocataire. Il attendait simplement qu'il parle.

« 'Je veux la vérité, toute la vérité, rien que la vérité', c'est ça ? On ne t'a jamais dit que toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre ? Enfin, j'imagine que tu t'en fiches. »

Léonard haussa les épaules. C'était le seul mouvement qu'il s'autorisait. Et encore.
Il regarda toujours Stern, attendant une suite. Il avait donc raison. Il avait putain de merde de raison. Il allait morfler, le brun soi-disant parfait. Il allait le massacrer. Ce mec avait continué son manège de merde avec Léonard. Ce mec lui avait ouvertement menti sur sa propre personnalité pendant trois mois. Il avait protégé ce bâtard d'un vieillard qui avait poursuivi le blond pendant dix putain de minutes.

« Premièrement : je suis désargenté, sans le sou, pauvre, ruiné, prolo, clochard. Sûrement bien plus que la plupart des Modestes. Et je ne donne pas cher de ma peau si les Délégués l'apprennent. »

Il ne savait pas pourquoi il envoyait de l'air comme ça avec sa main, ce n'était pas comme si Léonard allait s'autoriser à répondre quoique ce soit.
Effectivement, il comprenait qu'il devait encore jouer le jeu, mais ce n'était pas comme si c'était nécessaire de devoir mentir sur son propre caractère. Léonard ne pensa même pas que celui qui devait en souffrir le plus était Leopold. Il ne savait même plus penser, il enregistrait simplement les informations.

« Ne me dis pas que ça n'a pas d'importance, nous savons que c'est faux. J'ai été accepté dans l'Élite dès la fin de ma première année. Je sais très bien ce que cela signifie : je suis fortuné, digne de confiance de la part des Délégués, et j'aurai sûrement un poste important par la suite : les contacts que je me crée ici seront mes futurs clients ou associés. Je ne peux pas me permettre de perdre la face maintenant. Je ne m'en remettrai pas. Deuxièmement… » 

Il ne savait pas pourquoi il s'interrompait, ni pourquoi il lui montrait quelque chose avec son menton. Stern avait-il le doux espoir de se sortir de cette situation comme ça, en faisant croire à Léonard que quelque chose se passait derrière lui ?
Il en avait assez. Il en avait franchement marre de voir que malgré ses aveux, il continuait inlassablement son petit manège. Il s'enraillait, ce manège, mais il ne s'arrêtait pas pour autant.

Dans ses toutes dernières forces, et surtout dans sa rage, il frappa de son poing droit le mur, sa main à quelques centimètres à peine des cheveux du brun. Ses doigts étaient tellement serrés que ses ongles devaient rentrer dans sa peau. Il ne savait plus. Il ne savait plus réfléchir, plus penser, plus contrôler ses émotions. Seulement, il savait une chose qui allait se passer à l'instant, juste après avoir cogné le mur de sa haine sous-jacente.

Cette chose qu'il savait, c'était qu'il était en train de tomber vers l'avant, sa tête cognant contre le mur en se laissant agripper par la gravité, puis qui glissait le long du papier peint. Ses jambes restaient tendues, cependant elles ne retenaient plus la chute.
Il avait atteint ses limites, cependant il l'avait atteinte trop tôt. Il en était aux aveux. Il en était aux informations les plus importantes. Il fallut que ce soit à cet instant précis qu'il perde tout contrôle. Il fallut que ce soit à cet instant que la fatigue reprenne le dessus sur la rage.

Son corps tomba très rapidement sur le sol, ses yeux fermés, le visage paisible. Tous ses muscles se détendirent, mais sa cheville a du souffrir davantage. Il ne la sentait plus. Il ne la sentait plus parce qu'il était définitivement endormi ou parce qu'elle était en train de gonfler comme un ballon ? Comment le savoir ? Il avait enfin rejoint les bras de Morphée.

Il devait certainement être dans une position des plus inconfortables, mais rien n'était plus important que le repos à ce moment-là. Rien. Même pas la vérité sur le véritable Stern. Même pas pour fuir une fille trop collante. Même pas pour rejoindre Andrew pour d'autres défis.

Il dormait. C'était le plus important.


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Leopold sursauta quand le poing du blond vint heurter le mur, à quelques centimètres à peine de son visage. Il contracta ses doigts sans même s'en rendre compte, et alors qu'il s'apprêtait à répondre à la violence par la violence (et tant pis pour le contact physique), il vit le visage du blond se détendre subitement, ses paupières glisser sur ses yeux hypnotiques, son souffle s'apaiser. Le corps de Léonard bascula en avant, sa tête entra en collision avec le mur, et il s'affaissa par terre. Il… dort ?  Leopold souffla plusieurs fois par le nez, n'osant trop bouger. Si ça se trouve, c'est une ruse. Ne. Bouge. Pas.  Il détailla la figure de son colocataire, et dut admettre que ses suppositions étaient assez improbables. Soit Léonard était un acteur né, soit il dormait vraiment, sans aucune arrière-pensée. Il opta pour la seconde option.

Leopold enjamba précautionneusement le corps endormi, et alla coller son oreille à la porte. On n'était jamais trop prudent, après tout. Après quelques secondes d'écoute, il se rassura : les seuls sons qu'il entendait étaient le souffle profond du dormeur et les battements désordonnés de son propre cœur. S'il y avait eu quelqu'un dans ce couloir, il était parti. Il soupira de soulagement, et jeta un regard à son réveil : 23:58. Déjà ?!
Puis il laissa ses yeux glisser vers le blond, qui n'avait toujours pas bougé, puis vers son lit. Il fallait qu'il l'y déplace. Ça n'était pas une question de sympathie ni de respect, juste de… propreté. On ne laissait pas traîner quoi que ce soit ainsi, fusse-ce un corps. En plus, ça n'est sûrement pas sain de dormir dans cette position , ne put-il s'empêcher de penser. D'ailleurs, ça  n'est même pas censé être humainement possible.

Il frissonna. Le froid recommençait à le pincer, et la fatigue ne l'aidait pas à lutter contre. Il se déplaça sur la pointe des pieds jusqu'à son armoire, et essaya de l'ouvrir sans faire trop de bruit. Il prit alors un sweat-shirt au hasard, l'enfila, et attrapa une paire de gants en laine noire. En habillant ainsi ses mains gelées, il avait l'impression d'avoir commis un meurtre ou d'être sur le point de le faire. Il secoua la tête, et referma les portes. Avant de se pencher sur le blond, il étudia la situation : il allait falloir qu'il le saisisse sous les bras,  la fois pour le redresser et pour pouvoir le tirer plus que le porter.
Il retint son souffle, réprimant une vague de dégoût tandis qu'il saisissait Léonard à bras-le-corps. Les gens savaient-ils à quel point les contacts physiques étaient dangereux ? Rien que médicalement parlant, rapport à tous les échanges microbiens, mais également socialement parlant. Une parole, ça allait, ça voulait dire ce que ça voulait dire, mais les gestes ? Ça pouvait être interprété de mille façons. Rien qu'en portant Léonard comme il le faisait actuellement, on pouvait à la fois penser qu'il l'avait assommé ou qu'il tentait une approche sexuelle très étrange (et sûrement pas consentie).
Il chassa ces idées de son esprit, et traîna le plus calmement possible le corps de Léonard sur le parquet. Essoufflé après quelques pas, il siffla entre ses dents : « Putain, il pèse son poids le Dormeur du Val*... » Comme à chaque fois que son esprit s'emballait, il faisait dériver ses pensées sur la poésie. C'est de qui déjà ?  se demanda-t-il alors. Il essaya de se souvenir de quelques vers, mais rien ne lui venait. Il avait dû le lire quelques fois et l'étudier en cours, mais il se souvenait simplement du plot twist du poème : le dormeur du poème était mort. Il jeta un regard rapide et soucieux au visage endormi de Léonard, comme pour se rassurer sur son état vital.

Par la suite, Leopold connut quelques minutes d'immense solitude durant lesquelles il tenta de hisser le corps inerte sur le lit avant d'enfin y parvenir, à grand renfort de jurons intérieurs.
Il s'assit enfin sur son lit, et enleva ses gants, qu'il laissa roulés en boule sous son lit. Il frotta ensuite frénétiquement ses mains contre son t-shirt, comme pour se débarrasser de la chaleur du corps. Maître du monde misanthrope, ok. Mais tueur en série, jamais. Il n'avait ni la carrure ni la force mentale pour traîner des cadavres et les faire disparaître, il venait de se le prouver.

Le jeune homme se leva pour éteindre la lumière, et retourna dans son lit à tâtons. Il s'enfouit sous les couvertures en gardant son sweat, et récupéra simplement son portable. Il lut le message de sa mère, comme pour fuir le flot de pensées qui l'envahissait (« Est-ce-que tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu as failli tout dire ! » « Il va le dire à tout le monde ! » « Tu es perdu ! ») :


22:27
Rose
Comment va mon lionceau ? Je suis rentrée de France, et j'ai enfin fini de défaire les cartons. J'ai hâte de te voir. J'espère que tout se passe bien, et que tu répondras à ce message.
Ta maman qui t'aime*

Il déglutit, et effaça rapidement le message, sans même le relire. Sa mère… était comme les autres. Humaine. Futile. Fragile.
Mais elle était aussi la seule personne capable de l'appeler par un surnom aussi tendre que ridicule et de le faire culpabiliser. C'était... atroce. Il éteint l'écran, le posa sur sa table de chevet et s'endormit à son tour, roulé en boule dans ses draps.

*en français dans le texte
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