Rich Harassment


Faites entrer l'accusé ! [ft. Adrian Blackwood]

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VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Le dossier de la chaise grinça, la semelle des Dr Martens noires couina sur le parquet et les os craquèrent lorsque le surveillant s'étira, amenant paresseusement sa main devant sa bouche alors qu'il bâillait.
Il soupira bruyamment et jeta un regard désespéré à l'horloge. Il s'affaissa encore plus sur lui-même lorsqu'il vit l'heure. 10H54. Seulement 10H54. Il lui restait une bonne grosse heure avant de pouvoir se poser. Putain.

Il passa ses mains osseuses -presque effrayantes de maigreur- sur son visage anguleux, soupira de plus belle et se redressa enfin. Il se leva, heurtant maladroitement ses longs membres contre le mobilier de la pièce, qui lui était inconnu. Il jura, se mordit la langue et marmonna quelques excuses dans le vide, comme s'il avait été insultant de pester dans ce lieu.

Karl jeta un œil à la liste de noms que sa collègue lui avait donnée le matin-même, lui assurant qu'il « lui sauvait la vie » et qu'elle « lui revaudrait ça ». Mouais. Il doutait sincèrement voir un jour sa collègue lui rendre un service en retour mais bon. En acceptant de la remplacer, quelques heures plus tôt, il pensait amener un peu de piquant dans son quotidien : après tout, on ne lui avait pas encore laissé s'occuper de recevoir les élèves convoqués, préférant lui laisser les tâches ingrates comme vérifier les listes d'appel ou monter dans les salles de cours pour justement rappeler aux professeurs distraits de faire l'appel. Il espérait pouvoir rester tranquille toute la matinée à cracher sur le système avec des élèves révoltés qu'il ferait semblant d'engueuler, pour la forme, mais non. Évidemment, il avait fallu qu'il ne tombe que sur des élèves insupportables qui se plaignaient des fonctionnaires incapables et trop payés par leurs parents, dont lui. Et évidemment, il n'avait pas su fermer sa grande gueule.

Résultat, les deux dernières convoquées, deux jeunes filles charmantes au demeurant mais légèrement trop attachées à leur classe supérieure, étaient parties en claquant la porte du bureau de vie scolaire, déclarant d'un grand air que « ça ne se passerait pas comme ça » et que leurs parents ne laisseraient pas un « minable surveillant » leur parler ainsi. « C'est ça, allez pleurer chez papa », leur avait-il lancé en retour, excédé. Pour ne rien arranger, le chauffage semblait avoir du mal à démarrer ce matin, et le jeune surveillant avait passé la matinée dans un semi-coma, à lutter contre l'engourdissement progressif et inexorable de ses membres.

Il regardait la liste donc, et il lut à voix basse le nom du prochain sacrifié : « Adrian Blackwood, Year 10... » Et bien sûr, pour lui comme pour les autres, il n'y avait pas le motif de sa convocation. Bah oui, après tout, à quoi ça aurait pu me servir de savoir pourquoi ils sont là, hein ?

Il ouvrit alors la porte et, sans réellement sortir du bureau, pencha la tête dans le couloir. Il ne chercha même pas à deviner qui pouvait être Adrian dans le groupe d'élèves qui traînaient dans le couloir, et il appela son nom.
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Karl ronchonne en #990000.
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Faites entrer l'accusé !

Dans la vie, il faut savoir être sincère et cesser de se voiler la face. Et bien aujourd'hui, nous pouvons dire qu'Adrian se retrouvait une nouvelle fois dans la merde. Il semblerait que cet enfant ait une fâcheuse manie de s'attirer des embrouilles, que ce soit avec les adultes ou les élèves. Bon, certes, parfois il les cherche, il court après même. Mais à d'autres moments, ça lui tombe dessus. Comme ça. Boum.

Depuis le début de l'année, il avait fait un nombre de bêtises assez conséquent mais s'était fait que peu de fois prendre. Et pour ces dernières, souvent, elles n'étaient que d'infimes infractions. Cela pouvait passer à l'insolence avec le personnel à son attitude dissipé en cours. De plus, il a une légère tendance à s'embrouiller avec les élites et les bourgeois de l'école. Bonne idée ? Aucunement. Dernièrement, il s'est embrouillé pendant l'intercours avec un élite de sa classe. Adrian, excédé par ses remarques sur l'importance de l'argent et du rang dans la société avait fini par s'énerver contre lui et lui déballer ses quatre vérités. Notons tout de même une grande amélioration, il ne s'est pas battu avec les poings et s'était contenté de l'humilier verbalement. Humiliation que le jeune élite ne supportait pas.

Ce qui en résulte de cette rancune fut que lorsqu'Adrian souhaita profiter de la nuit en se faufilant hors de son dortoir et rejoignant le parc de l'école. Le jeune élite, éveillé, le dénonça. Le jeune Adrian se fit donc surprendre en dehors de son dortoir bien après le couvre-feu. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ses insolences et son attitude commençaient à exaspérer le personnel. Son escapade fut donc le déclencheur de sa convocation.

Par conséquent, le lendemain de son escapade, il fut informé de son rendez-vous avec la vie scolaire. Le jeune homme pesta intérieurement, il allait se venger et faire passer l'envie à cet élite de s'en prendre à lui de nouveau et à vouloir jouer au plus fort. Car Adrian pouvait s'avérer extrêmement entêté et rancunier dans ce genre de situation. Le jeune homme s'habilla d'une tenue décontracté et se mit à jouer longuement à sa gameboy, il n'était pas du tout inquiet. Il s'en foutait, il se foutait de tout. Il sortit un paquet de chewing-gum à la menthe et en prit un, sachant pertinemment que les adultes avaient, pour certains, horreurs des gamins avec un chewing-gum dans la bouche quand ils se faisaient réprimander. Il regarda l'heure, il était déjà en retard. Avec un soupir, il prit le chemin vers la vie scolaire. Une fois le chemin parcouru, il vit à la porte, la tête d'un surveillant. Adrian n'avait pas encore eut à faire avec lui. Il s'approcha et d'une attitude nonchalante expliqua sa venue après avoir éclaté la bulle qu'il venait de faire avec son chewing-gum.

«On m'a convoqué, je suis en retard mais je faisais autre chose.»





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VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Karl attendit quelques secondes après avoir appelé le nom. Oui, il attendit quelques petites secondes, pas assez pour se mettre à râler, trop pour ne pas tiquer, avant que le jeune homme ne daigne apparaître dans son champ de vision.
Karl, en le voyant, savait bien qu'il y avait certains détails qui auraient dû le surprendre : son allure très décontractée, qui contrastait violemment avec les uniformes de la Hampton ; ses cheveux blancs comme neige, sa peau presque translucide ; ses yeux dans lesquels, malgré son calme apparent, semblait se refléter un ardent incendie. Mais, était-ce le froid du bureau, étaient-ce ses nuits trop courtes, était-ce son nouveau boulot, était-ce son retour à Hampton ou bien une combinaison de tout cela, ce jour-là, le jeune homme se sentait profondément las et désabusé. Il avait l'impression que rien ne pouvait plus l'étonner. Oui, disons-le clairement, Karl avait l'impression d'être vieux. Quand on venait à peine d'avoir vingt ans, c'était un constat assez triste, mais qui, étonnamment, ne lui déplaisait pas tant que ça.

Alors, au lieu de s'étonner comme il l'aurait fait en temps normal, en constatant des faits plutôt anormaux, il se contenta de focaliser son attention sur deux points. Premièrement, la bulle verte qui éclata sous le nez du jeune homme, et quasiment sous son nez à lui. Deuxièmement, la voix assez fluette d'Adrian, qui pérorait de vagues excuses largement imbibées de provocation. Karl ferma les yeux, au sens propre comme au sens figuré, et, sans un mot, invita le jeune homme à entrer.

En se dirigeant vers son fauteuil, le surveillant daigna ouvrir la bouche et ordonna d'une voix calme : « Le chewing-gum à la poubelle, jeune homme. » Et cette simple phrase provoqua comme un électrochoc chez lui. Oh. Mon. Dieu. Je viens de dire jeune homme. On doit avoir à peine six ou sept ans d'écart. Ça ne va pas du tout. Ça fait vraiment très, très, trèèèèès vieux.  Il s'assit sans aucune délicatesse dans le fauteuil rembourré, et ajouta précipitamment : « Enfin, à part si tu en as un autre, auquel cas je prends ma taxe. »

Puis il se redressa légèrement au fond de son siège, et alors qu'il s'apprêtait à lui demander la raison de sa venue, il lui sembla se souvenir d'une bribe de conversation entendue ce matin à la machine à café. Avant de se fier à quoi que ce soit, il lui demanda de but en blanc : « C'est toi qui a fait le mur hier ? Évite de mentir s'il-te-plaît, ça nous évitera à tous les deux de perdre du temps. »

Attendant la réponse du garçon, Karl tiqua intérieurement. Il ne se sentait pas à l'aise sur ce fauteuil, et ne savait masquer son inconfort. Le blond avait beau être un adulte désormais, il ne savait toujours pas comment gérer ses postures lorsqu'il parlait. Devait-il s'enfoncer plus dans son fauteuil, pour montrer qu'il contrôlait la situation ? Devait-il, au contraire, poser les coudes sur la table, joindre les mains et prendre une mine soucieuse ? Réprobatrice ? Encourageante ? Au lieu de tout cela, il surprit ses doigts à chercher fébrilement de quoi dessiner : un coin de feuille administrative, un crayon mal taillé, n'importe quoi ferait l'affaire pour s'occuper.
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Karl ronchonne en #990000.
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Faites entrer l'accusé !

Lorsque le jeune surveillant lui fit signe d'entrer, Adrian ne chercha pas à répliquer ni à résister. Ce n'était pas utile, du moins, pas pour le moment. En plus, il ne semblait pas franchement énerver. Pas du tout même. Néanmoins, l'ordre fit tiquer l'albinos. Déjà ? Il voulait aussi vite montrer son autorité ? Sa supériorité hiérarchique? Alors que le jeune homme s'apprêtait à répliquer pour refuser cette éventualité, le surveillant s'assit dans le fauteuil lui étant réservé et changea d'avis. Comme si au début, il cherchait à se conformer avant de s'en rendre compte que ça ne lui convenait pas, que ce n'était pas dans son caractère. Et Adrian aimait les personnes qui ne se conformait pas et cet homme en faisait partie. Néanmoins, il ne devait pas baisser sa garde, pas maintenant du moins. Adrian sortit son paquet et lui tendit avec un léger sourire en coin ne pouvant s'empêcher de lui lancer une pique.

«Attention. C'est de la menthe glaciale. Il ne faudrait pas que ce soit trop fort pour vous. »

Adrian resta debout, face au surveillant, pas par provocation mais par habitude. Dès que son père le convoquait dans son bureau, il devait rester debout. Et au fil du temps, c'était devenu une habitude. Alors que le jeune homme passait sa main dans ses cheveux, histoire de dégager ses mèches blanches de devant ses yeux, le jeune homme lui posa une question directe. Pas question de tourner autour du pot avec lui, pas de fioritures, il va à l'essentiel. Et Adrian fit un léger sourire mauvais. Techniquement, il ne comptait pas faire le mur puisque qu'il ne comptait pas se faire prendre à la base. Il s'était fait dénoncer ce qui avait changé toute la donne et il ne se gêna pas pour faire part de ses pensées sans chercher à se sortir d'affaire. Il était déjà dans la merde alors, pourquoi se faire chier à essayer de trouver une excuse ? Alors, il prit la parole d'un ton légèrement insolent mais ce n'était pas dans le but de faire craquer le surveillant. Non, seulement s'amuser.


«Techniquement, je ne comptais pas faire le mur, puisqu'on était pas censé me prendre sur le fait si on ne m'avait pas dénoncé. Pour moi, ce n'était qu'une balade. Et puis. Au moins, la nuit, ce n'est pas dangereux.»

En réalité, Adrian adorait la nuit. Au moins, il n'avait pas à se soucier de l'action du soleil sur sa peau, ce dernier ne l'aveuglait pas. La nuit était comme un refuge, le moment où il n'a pas limiter ses mouvements, ses actions, il n'a pas l'obligation de faire attention à ce qu'il fait. Il est libre, tranquille. Et puis, la nuit, il n'y a personne, c'est si calme et reposant.


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