Rich Harassment


Faites entrer l'accusé ! [ft. Adrian Blackwood]

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Karl WellsPolitiquement incorrect
VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Le dossier de la chaise grinça, la semelle des Dr Martens noires couina sur le parquet et les os craquèrent lorsque le surveillant s'étira, amenant paresseusement sa main devant sa bouche alors qu'il bâillait.
Il soupira bruyamment et jeta un regard désespéré à l'horloge. Il s'affaissa encore plus sur lui-même lorsqu'il vit l'heure. 10H54. Seulement 10H54. Il lui restait une bonne grosse heure avant de pouvoir se poser. Putain.

Il passa ses mains osseuses -presque effrayantes de maigreur- sur son visage anguleux, soupira de plus belle et se redressa enfin. Il se leva, heurtant maladroitement ses longs membres contre le mobilier de la pièce, qui lui était inconnu. Il jura, se mordit la langue et marmonna quelques excuses dans le vide, comme s'il avait été insultant de pester dans ce lieu.

Karl jeta un œil à la liste de noms que sa collègue lui avait donnée le matin-même, lui assurant qu'il « lui sauvait la vie » et qu'elle « lui revaudrait ça ». Mouais. Il doutait sincèrement voir un jour sa collègue lui rendre un service en retour mais bon. En acceptant de la remplacer, quelques heures plus tôt, il pensait amener un peu de piquant dans son quotidien : après tout, on ne lui avait pas encore laissé s'occuper de recevoir les élèves convoqués, préférant lui laisser les tâches ingrates comme vérifier les listes d'appel ou monter dans les salles de cours pour justement rappeler aux professeurs distraits de faire l'appel. Il espérait pouvoir rester tranquille toute la matinée à cracher sur le système avec des élèves révoltés qu'il ferait semblant d'engueuler, pour la forme, mais non. Évidemment, il avait fallu qu'il ne tombe que sur des élèves insupportables qui se plaignaient des fonctionnaires incapables et trop payés par leurs parents, dont lui. Et évidemment, il n'avait pas su fermer sa grande gueule.

Résultat, les deux dernières convoquées, deux jeunes filles charmantes au demeurant mais légèrement trop attachées à leur classe supérieure, étaient parties en claquant la porte du bureau de vie scolaire, déclarant d'un grand air que « ça ne se passerait pas comme ça » et que leurs parents ne laisseraient pas un « minable surveillant » leur parler ainsi. « C'est ça, allez pleurer chez papa », leur avait-il lancé en retour, excédé. Pour ne rien arranger, le chauffage semblait avoir du mal à démarrer ce matin, et le jeune surveillant avait passé la matinée dans un semi-coma, à lutter contre l'engourdissement progressif et inexorable de ses membres.

Il regardait la liste donc, et il lut à voix basse le nom du prochain sacrifié : « Adrian Blackwood, Year 10... » Et bien sûr, pour lui comme pour les autres, il n'y avait pas le motif de sa convocation. Bah oui, après tout, à quoi ça aurait pu me servir de savoir pourquoi ils sont là, hein ?

Il ouvrit alors la porte et, sans réellement sortir du bureau, pencha la tête dans le couloir. Il ne chercha même pas à deviner qui pouvait être Adrian dans le groupe d'élèves qui traînaient dans le couloir, et il appela son nom.
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Faites entrer l'accusé !

Dans la vie, il faut savoir être sincère et cesser de se voiler la face. Et bien aujourd'hui, nous pouvons dire qu'Adrian se retrouvait une nouvelle fois dans la merde. Il semblerait que cet enfant ait une fâcheuse manie de s'attirer des embrouilles, que ce soit avec les adultes ou les élèves. Bon, certes, parfois il les cherche, il court après même. Mais à d'autres moments, ça lui tombe dessus. Comme ça. Boum.

Depuis le début de l'année, il avait fait un nombre de bêtises assez conséquent mais s'était fait que peu de fois prendre. Et pour ces dernières, souvent, elles n'étaient que d'infimes infractions. Cela pouvait passer à l'insolence avec le personnel à son attitude dissipé en cours. De plus, il a une légère tendance à s'embrouiller avec les élites et les bourgeois de l'école. Bonne idée ? Aucunement. Dernièrement, il s'est embrouillé pendant l'intercours avec un élite de sa classe. Adrian, excédé par ses remarques sur l'importance de l'argent et du rang dans la société avait fini par s'énerver contre lui et lui déballer ses quatre vérités. Notons tout de même une grande amélioration, il ne s'est pas battu avec les poings et s'était contenté de l'humilier verbalement. Humiliation que le jeune élite ne supportait pas.

Ce qui en résulte de cette rancune fut que lorsqu'Adrian souhaita profiter de la nuit en se faufilant hors de son dortoir et rejoignant le parc de l'école. Le jeune élite, éveillé, le dénonça. Le jeune Adrian se fit donc surprendre en dehors de son dortoir bien après le couvre-feu. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ses insolences et son attitude commençaient à exaspérer le personnel. Son escapade fut donc le déclencheur de sa convocation.

Par conséquent, le lendemain de son escapade, il fut informé de son rendez-vous avec la vie scolaire. Le jeune homme pesta intérieurement, il allait se venger et faire passer l'envie à cet élite de s'en prendre à lui de nouveau et à vouloir jouer au plus fort. Car Adrian pouvait s'avérer extrêmement entêté et rancunier dans ce genre de situation. Le jeune homme s'habilla d'une tenue décontracté et se mit à jouer longuement à sa gameboy, il n'était pas du tout inquiet. Il s'en foutait, il se foutait de tout. Il sortit un paquet de chewing-gum à la menthe et en prit un, sachant pertinemment que les adultes avaient, pour certains, horreurs des gamins avec un chewing-gum dans la bouche quand ils se faisaient réprimander. Il regarda l'heure, il était déjà en retard. Avec un soupir, il prit le chemin vers la vie scolaire. Une fois le chemin parcouru, il vit à la porte, la tête d'un surveillant. Adrian n'avait pas encore eut à faire avec lui. Il s'approcha et d'une attitude nonchalante expliqua sa venue après avoir éclaté la bulle qu'il venait de faire avec son chewing-gum.

«On m'a convoqué, je suis en retard mais je faisais autre chose.»






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VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Karl attendit quelques secondes après avoir appelé le nom. Oui, il attendit quelques petites secondes, pas assez pour se mettre à râler, trop pour ne pas tiquer, avant que le jeune homme ne daigne apparaître dans son champ de vision.
Karl, en le voyant, savait bien qu'il y avait certains détails qui auraient dû le surprendre : son allure très décontractée, qui contrastait violemment avec les uniformes de la Hampton ; ses cheveux blancs comme neige, sa peau presque translucide ; ses yeux dans lesquels, malgré son calme apparent, semblait se refléter un ardent incendie. Mais, était-ce le froid du bureau, étaient-ce ses nuits trop courtes, était-ce son nouveau boulot, était-ce son retour à Hampton ou bien une combinaison de tout cela, ce jour-là, le jeune homme se sentait profondément las et désabusé. Il avait l'impression que rien ne pouvait plus l'étonner. Oui, disons-le clairement, Karl avait l'impression d'être vieux. Quand on venait à peine d'avoir vingt ans, c'était un constat assez triste, mais qui, étonnamment, ne lui déplaisait pas tant que ça.

Alors, au lieu de s'étonner comme il l'aurait fait en temps normal, en constatant des faits plutôt anormaux, il se contenta de focaliser son attention sur deux points. Premièrement, la bulle verte qui éclata sous le nez du jeune homme, et quasiment sous son nez à lui. Deuxièmement, la voix assez fluette d'Adrian, qui pérorait de vagues excuses largement imbibées de provocation. Karl ferma les yeux, au sens propre comme au sens figuré, et, sans un mot, invita le jeune homme à entrer.

En se dirigeant vers son fauteuil, le surveillant daigna ouvrir la bouche et ordonna d'une voix calme : « Le chewing-gum à la poubelle, jeune homme. » Et cette simple phrase provoqua comme un électrochoc chez lui. Oh. Mon. Dieu. Je viens de dire jeune homme. On doit avoir à peine six ou sept ans d'écart. Ça ne va pas du tout. Ça fait vraiment très, très, trèèèèès vieux.  Il s'assit sans aucune délicatesse dans le fauteuil rembourré, et ajouta précipitamment : « Enfin, à part si tu en as un autre, auquel cas je prends ma taxe. »

Puis il se redressa légèrement au fond de son siège, et alors qu'il s'apprêtait à lui demander la raison de sa venue, il lui sembla se souvenir d'une bribe de conversation entendue ce matin à la machine à café. Avant de se fier à quoi que ce soit, il lui demanda de but en blanc : « C'est toi qui a fait le mur hier ? Évite de mentir s'il-te-plaît, ça nous évitera à tous les deux de perdre du temps. »

Attendant la réponse du garçon, Karl tiqua intérieurement. Il ne se sentait pas à l'aise sur ce fauteuil, et ne savait masquer son inconfort. Le blond avait beau être un adulte désormais, il ne savait toujours pas comment gérer ses postures lorsqu'il parlait. Devait-il s'enfoncer plus dans son fauteuil, pour montrer qu'il contrôlait la situation ? Devait-il, au contraire, poser les coudes sur la table, joindre les mains et prendre une mine soucieuse ? Réprobatrice ? Encourageante ? Au lieu de tout cela, il surprit ses doigts à chercher fébrilement de quoi dessiner : un coin de feuille administrative, un crayon mal taillé, n'importe quoi ferait l'affaire pour s'occuper.
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Lorsque le jeune surveillant lui fit signe d'entrer, Adrian ne chercha pas à répliquer ni à résister. Ce n'était pas utile, du moins, pas pour le moment. En plus, il ne semblait pas franchement énerver. Pas du tout même. Néanmoins, l'ordre fit tiquer l'albinos. Déjà ? Il voulait aussi vite montrer son autorité ? Sa supériorité hiérarchique? Alors que le jeune homme s'apprêtait à répliquer pour refuser cette éventualité, le surveillant s'assit dans le fauteuil lui étant réservé et changea d'avis. Comme si au début, il cherchait à se conformer avant de s'en rendre compte que ça ne lui convenait pas, que ce n'était pas dans son caractère. Et Adrian aimait les personnes qui ne se conformait pas et cet homme en faisait partie. Néanmoins, il ne devait pas baisser sa garde, pas maintenant du moins. Adrian sortit son paquet et lui tendit avec un léger sourire en coin ne pouvant s'empêcher de lui lancer une pique.

«Attention. C'est de la menthe glaciale. Il ne faudrait pas que ce soit trop fort pour vous. »

Adrian resta debout, face au surveillant, pas par provocation mais par habitude. Dès que son père le convoquait dans son bureau, il devait rester debout. Et au fil du temps, c'était devenu une habitude. Alors que le jeune homme passait sa main dans ses cheveux, histoire de dégager ses mèches blanches de devant ses yeux, le jeune homme lui posa une question directe. Pas question de tourner autour du pot avec lui, pas de fioritures, il va à l'essentiel. Et Adrian fit un léger sourire mauvais. Techniquement, il ne comptait pas faire le mur puisque qu'il ne comptait pas se faire prendre à la base. Il s'était fait dénoncer ce qui avait changé toute la donne et il ne se gêna pas pour faire part de ses pensées sans chercher à se sortir d'affaire. Il était déjà dans la merde alors, pourquoi se faire chier à essayer de trouver une excuse ? Alors, il prit la parole d'un ton légèrement insolent mais ce n'était pas dans le but de faire craquer le surveillant. Non, seulement s'amuser.


«Techniquement, je ne comptais pas faire le mur, puisqu'on était pas censé me prendre sur le fait si on ne m'avait pas dénoncé. Pour moi, ce n'était qu'une balade. Et puis. Au moins, la nuit, ce n'est pas dangereux.»

En réalité, Adrian adorait la nuit. Au moins, il n'avait pas à se soucier de l'action du soleil sur sa peau, ce dernier ne l'aveuglait pas. La nuit était comme un refuge, le moment où il n'a pas limiter ses mouvements, ses actions, il n'a pas l'obligation de faire attention à ce qu'il fait. Il est libre, tranquille. Et puis, la nuit, il n'y a personne, c'est si calme et reposant.



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VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Karl laissa le chewing-gum glisser sous sa langue, heurter plusieurs fois son palais, se faufiler entre ses dents avant de le briser, de l'écraser sous la meule de ses molaires. Il n'était pas vraiment du genre patient. Il voulait sentir le cœur gelé du chewing-gum s'ouvrir, éclater sous la pression de ses mâchoires. Et dès qu'il eut fait cela, il se rappela.
Il se rappela pourquoi il n'aimait pas particulièrement les chewing-gums, contrairement à la majorité des jeunes. Tout le goût se dévoilait au début, gelait les dents et piquait la langue, et très peu de temps après, vous vous retrouviez à mâcher mécaniquement une pâte fade. Mais, en y repensant, il se souvenait aussi pourquoi il en mâchait aussi souvent lorsqu'il était élève : pour faire enrager les profs. Il fallait dire que le blond n'avait jamais trouvé quoi que ce soit de plus simple pour les emmerder : pas d'efforts, pas de paroles, pas de comportement particulier. Simplement le mâchonnement. Simple. Basique. Efficace. Tandis que le goût mentholé s'étendait dans sa bouche, il se fit la remarque que c'était sûrement pour cela que le garçon avait pris grand soin de faire éclater sa bulle devant lui. Dommage, pensa-t-il. C'est pas moi que tu feras enrager comme ça. Mais c'était bien tenté.

Mais après cette brève analyse du jeune homme, le surveillant s'étonna de ne pas le voir assis. Il attendait que le surveillant l'y invite ? Normalement, ce genre d'élève n'attendait aucune autorisation avant de s'affaler sur une chaise. Bref, peu importait. Le garçon étrangement pâle parlait, confirmant sa théorie. Oui, c'était bien lui qui avait fait le mur. Mais… Il y a toujours un mais, et cela exaspérait Karl. Pourquoi les gens ne pouvaient-ils pas être honnêtes, plutôt que se trouver des excuses ? Agacé, il gribouilla une chose informe dans le coin d'une feuille sur laquelle des infos potentiellement importantes étaient imprimées. Tant pis.

« Tu joues sur les mots, non ? “Balade”, “faire le mur”… Selon le règlement d'Hampton, c'est la même chose, et c'est interdit. Par contre, je serai bien curieux de savoir qui veille assez tard pour te dénoncer… Il a pas lu Harry Potter ou quoi ? Les balances se font forcément punir quand ils enfreignent le règlement et qu'ils sont assez cons pour rapporter ensuite... » Il soupira, et fit tournoyer le crayon entre ses doigts. Puis il se redressa, se se pencha un peu sur le bureau, prit un air de conspirateur et lui chuchota : « Et depuis quand la nuit n'est pas dangereuse ? Tu n'as pas encore croisé les fantômes des douves ?.. »
Bien qu'il connaisse son rôle, il n'avait pas pu résister à l'envie de blaguer. Le gosse lui plaisait bien, malgré (ou grâce à ?) sa provoc', et il n'avait pas envie de jouer au mauvais flic. Il reprit, cette fois plus sérieux : « Bon, plus sérieusement. Tu foutais quoi à “te balader” à cette heure ? T'allais retrouver ta copine ? »
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HRP:
J'ai l'impression d'avoir un peu trop parlé, je peux modifier si tu veux !



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Le jeune homme regardait le bureau autour de lui, détaillant les objets, les meubles, les murs, histoire de s'occuper. Il faisait toujours ça quand il se faisait réprimander, cherchant à leur montrer qu'en réalité, il s'en foutait totalement et que ça lui passait au dessus de la tête. Bien que dans le bureau de son père, Adrian n'agissait pas ainsi, c'était l'une des rares exceptions et ça venait du fait de son éducation. Il se comportait ainsi depuis tout petit quand il entrait dans ce haut lieu d'autorité... Mais ici, franchement, il s'en foutait royalement. Le surveillant tiqua à son explication. Après tout, c'est vrai, dans le règlement c'est la même chose. Mais bon, un règlement n'est pas quelque chose d'universel, celui-ci ne s'appliquait qu'à la Hampton et pas au reste du monde et encore moins aux pensées du jeune homme. Néanmoins, à la suite de la tirade, un franc sourire ironique se plaqua sur son visage.

«Bah... Le règlement n'est qu'un règlement. Il s'applique seulement qu'ici mais pas à mes pensées. Et puis, faut pas être manichéen. C'est pas aussi simple la vie. Il suffit d'être dans les bons papiers de la personne que tu vises et tu es relativement tranquille. Doooonc... Je lui ferai regretter à ma manière. Parce que moi, je n'ai pas besoin d'adulte pour me venger.»

Il était très facile de sentir une certaine rancoeur au mot "adulte". Néanmoins, sa rancune disparut aussitôt quand le surveillant continua son interrogatoire de façon assez originale. Il ne semblait pas vouloir l'enfoncer, juste faire son boulot et en finir pour être tranquille. Adrian le regarda et avec un regard sérieux, il saisit la perche tendue.

«Qu'est ce que vous croyez ? J'allais justement les rejoindre. On avait prévu de faire une petite soirée tranquille. Faudrait ptet que je les envoie dans le dortoir de l'autre élite... Hm...»

Adrian prit une pose d'intense réflexion bien caricaturale, imaginant différents coups possible à faire pour faire regretter à son "ami" de lui avoir fait ce sale coup. Néanmoins, il s'arrêta de réfléchir quand son interlocuteur reprit son sérieux afin de savoir les raisons de son escapade. Et la raison que celui-ci imagina fut ... Assez décevante. Lui ? Une petite copine ? Non merci. Il ne connaissait pas grand chose des filles et le peu qu'il connaissait n'était pas des plus glorieux.

«Même pas en rêve. Les filles ne sont pas intéressantes et sont toujours en train de geindre. Après, vous voulez une réponse qui vous convienne et qui me sorte d'affaire ou la vérité ? Parce que bon, les deux sont différentes.»



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VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Le surveillant n'avait pas cherché à dissimuler son amusement lorsque le jeune homme s'était prêté au jeu, discutant de ces soi-disant fantômes comme d'une évidence, et il rit franchement lorsque l'élève lui demanda quelle version des faits il voulait entendre. Le gosse lui plaisait ; il se revoyait à son âge, en un peu moins révolté (et ça n'était pas forcément plus mal). Adrian semblait avoir compris comment marchait le monde, mais aussi avoir remarqué que Karl serait prêt à entendre des choses qu'on ne dit pas normalement.

Un sourire sincère appliqué sur le visage, le surveillant se renfonça -encore une fois- dans le fauteuil et, fixant avec intérêt le jeune homme, il lui dit doucement : « Haha, je sais qu'à ton âge, les filles c'est pas toujours facile à supporter… Mais il y en a des bien, je t'assure. » Il eut une pensée pour Summer, la fille la plus courageuse, la plus lumineuse, la plus “garçonnesque” et à la fois féminine des filles qu'il connaissait... Vraiment, cette fille déchirait. Tout en recommençant à griffonner, il ajouta, l’œil malicieux : « Tu sais, j'ai tout mon temps, et c'est pas comme si ma journée était passionnante… » Il désigna d'un geste exagérément las le bureau dans lequel ils se trouvaient, et il ajouta : « Donc je veux bien les deux versions, j'suis d'un naturel curieux. Je prendrai la plus “acceptable” (il mima les guillemets avec ses doigts) des deux pour le rapport, t'inquiète. »

Il baissa ensuite les yeux sur sa feuille, presque étonné du dessin qui prenait forme sous l'action automatique de ses doigts. Son bestiaire d'Hampton s'agrandissait, constata-t-il. Il avait pris depuis plusieurs années l'habitude de dessiner sous forme animale les gens qu'il rencontrait, et cette manie s'était développée depuis qu'il avait été embauché. Chaque élève, chaque professeur, chaque membre du personnel lui apparaissait sous la forme d'un animal, et il ne pouvait jamais s'empêcher de le dessiner ainsi dès qu'il avait un moment de libre. Certains demeuraient des esquisses à tout jamais, d'autres étaient travaillés encore et encore, voire refaits, mais personne n'y échappait. Il fallait qu'il fixe son monde sur du papier.

Sous la pointe de son crayon, un héron prenait forme. Et la seule personne qu'il dessinait sous cette forme habituellement c'était… lui-même. Pour se représenter, il alternait entre l'ours et le héron, selon les jours et ses humeurs. Il avait déjà rencontré quelques autres ours, mais jamais de héron. Il hachura mécaniquement le bas des ailes du héron, intrigué. Il rejeta enfin son crayon sur la table, attendant avec curiosité les explications du jeune homme.
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Karl

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Adrian se tenait toujours droit, les mains dans les poches et face au bureau. Cette attitude pouvait renvoyer à une forme d'obéissance mais dans l'esprit du jeune garçon, c'était de la soumission. Et ça l’écœurait. Il avait beaucoup de mal à se défaire de cette situation de soumission puisqu'il y était soumis depuis tout petit. Il s'en était tellement prit plein la gueule dans ce genre de bureaux et le simple fait de ne pas avoir l'attitude requise empirait la chose. Et Adrian n'était alors qu'un enfant apeuré et non pas encore un jeune garçon révolté contre sa famille. Rien qu'au fait de penser à ça, le jeune homme frissonna et porta la main vers son épaule, caressant doucement le début de son dos. Son dos n'était plus douloureux, n'étant pas retourné chez lui depuis un moment mais les marques étaient là, ancrés à sa peau blanche. Adrian se força à se concentrer sur les paroles du surveillant, il était plutôt cool avec lui, ca changeait de d'habitude. Il n'était pas tellement dans les petits papiers des adultes en général. Adrian se braquait très facilement, ce qui ne jouait pas en sa faveur.

«Peut-être... Mais bon, le peu de fois que je vois mes cousines et ma petite soeur, ca joue pas en faveur de la gente féminine.»

Adrian considéra la proposition de l'adulte avec sérieux. Mais dans un sens, il n'avait pas envie de raconter un mensonge. Après tout, celui-ci ne semblait pas vouloir l'enfoncer. Et Adrian ne souhaitait pas qu'il ait des ennuis pour avoir osé prétendre avoir avaler les sornettes du jeune garçon. Et puis, pour lui, c'était un peu comme une forme de lâcheté. Et il détestait ça, il se trouvait bien assez lâche, pas besoin d'en rajouter une couche.

«J'ai pas besoin de mentir pour m'en sortir. C'est pas la première fois que je sors dans la nuit. Et faut me comprendre. Je dors pas beaucoup et la nuit c'est pas dangereux. Du moins, moins que quand je sors en journée. Je n'ai pas besoin de faire attention au soleil ou à la lumière trop éblouissante. Et en plus, je suis seule. Et la nuit, c'est tellement plus agréable. Fin, jsais pas. Mais vous pouvez pas comprendre.»



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Adrian
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Karl regardait désormais le jeune homme avec curiosité. Non seulement, il n'avait pas envie de s'en tirer en cachant la vérité, mais en plus il se vantait presque de ses exploits nocturnes. Karl aurait lui-même adopté ce comportement autrefois, refusant les compromis et clamant haut et fort ses faits d'armes, mais le blond ne serait pas non  plus resté debout, droit comme un piquet, à attendre de se faire sermonner. Bien au contraire, il se serait assis sans même avoir obtenu la permission, il se serait même carrément avachi dans le fauteuil.
Le jeune homme qui lui faisait face était décidément très intriguant. Et ses autres paroles… « La nuit c'est pas dangereux »,  « je n'ai pas besoin de faire attention au soleil »… Qu'est-ce-que ça voulait dire ? Il avait un vampire en face de lui, ou bien ?

Karl haussa un sourcil interrogateur, et voulut l'interrompre, mais le jeune homme (qui avait décidément la peau bien trop pâle, les cheveux bien trop blancs et les yeux bien trop… rouges ?) continua.

« Et en plus, je suis seul. Et la nuit, c'est tellement plus agréable. Fin, jsais pas. »

Karl hocha doucement de la tête. Lui aussi avait toujours préféré la nuit. Les fêtes endiablées, qui brisaient le silence des rues londoniennes. Fumer des clopes accoudé à un balcon en regardant le ciel sombre, ces nuits sans étoiles à cause de l'éclairage public. Le plaisir de réveiller les honnêtes gens en gueulant dans les rues dès cinq heures du mat, puis de se casser en courant. L'attente fiévreuse de l'ouverture des premières boulangeries pour manger un croissant, ou une baguette, ou bien n'importe quoi de chaud en attendant les premiers bus pour rentrer chez soi. Oui, la nuit, il l'aimait, et il avait bien failli trop l'aimer à une époque, au point de se mettre en danger, au point de risquer de ne plus jamais se réveiller. Mais Karl doutait que le jeune homme en soit au même stade que lui à une époque… Quoi que... Ça commençait tôt, ce genre de conneries.

« Mais vous pouvez pas comprendre. »

La conclusion le fit franchement éclater de rire. C'était tellement cliché comme phrase ! Il avait l'impression que tous les ados la sortaient un jour, pour se donner un petit air mystérieux, un air de personnage romantique et torturé… A moins que tous les personnages romantiques ne soient déjà torturés ? Si c'était le cas tant mieux, la métaphore ne serait que plus belle si elle était couplée à cette hyperbole.

Il ricana donc quelques instants, pas méchamment, mais d'un rire gentiment moqueur. Lorsqu'il eut fini de rire, il se mit à agiter son stylo en direction du… petit vampire présumé qui lui faisait face, et il lui répondit, toujours moqueur :

« Ah non, je ne peux pas comprendre ? Tu sais, c'est pas parce que je suis pas un vampire que je peux pas comprendre. »

Oups. Le coup du vampire était sorti tout seul. Ça lui apprendrait à s'imaginer des choses rien qu'en observant les choses. Merde. Il allait falloir qu'il rattrape le coup.
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Pour tout vous dire, l'éclat de rire du surveillant l'énervait. Il se sentait moqué, rabaissé. Et le froncement de sourcils voulait tout dire sur son état d'esprit. Rester calme... Ne pas foutre en l'air le premier bon contact qu'il avait avec un adulte ici. Pour une fois qu'il n'était pas dans une merde total, faut plutôt fêter ça, non ? Et non pas tout foutre en l'air à cause de sa parano. Néanmoins, la comparaison entre lui et un vampire aurait dût le blesser. Mais ce n'était d'actualité. En réalité, il s'en fichait d'être albinos, il avait accepté sa maladie et tourner la page depuis bien trop longtemps pour qu'il s'en souvienne. Il est né ainsi et au moins, il faisait un magnifique fuck à toutes les personnes trop banales de ce monde.

«Tu crois vraiment pouvoir me comprendre, humain ? L'espèce humaine est en bas de l'échelle. Me mets pas dans votre panier. Comme on dit, on ne mélange pas les torchons et les serviettes.»

Adrian leva la tête vers Karl avec un léger sourire moqueur. Il interprétait parfaitement le vampire dédaigneux envers l'espèce humaine. Finalement, le jeune garçon s’efforça à quitter sa position initiale pour s'approcher de la fenêtre, observant le temps dehors d'un oeil critique. Heureusement, il était plutôt dans une bonne saison qui favorisait nombre de ses sorties. L'été était une horreur pour lui. Néanmoins, il devait tout de même faire attention chaque jour de l'année et non pas se baser seulement sur la saison. Le jeune garçon se tourna vers Karl, s'adossant au mur et reprenant son sérieux.

«Ce que je voulais dire c'est qu'à mon âge, si vous vouliez sortir, vous pouviez. La seule chose qui pouvait un tant soit peu vous freiner pouvait être le règlement bien que les règles sont faites pour être détournés. M'enfin... Alors que moi, même si j'ai le droit de sortir, je dois faire attention à ci à ça. Finalement, autant sortir la nuit où seul le problème du règlement se pose. Beaucoup plus simple à gérer, non ?»



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Adrian
24/07/2004
chambre : B-03
classe : YEAR 10 - Chimie - Eco - Litt - Maths - Sciences - Socio
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Karl WellsPolitiquement incorrect
VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Karl rit de nouveau lorsque Adrian lui répondit. Le surveillant ne pouvait nier qu'il avait été soulagé de constater que le jeune garçon avait de l'humour, et n'était pas assez bête pour prendre mal sa pique, certes maladroite, mais pas méchante.

Le regard taquin que l'élève lui lança lui plut aussi ; s'ils avaient été élèves en même temps, Karl aurait sûrement apprécié l'avoir comme camarade, voire comme ami.
Mais, lorsque Adrian se leva pour se dégourdir les jambes, s'approchant sans aucune gêne de la fenêtre à laquelle Karl tournait le dos, celui-ci aperçut la cravate rayée du jeune homme, et une ombre passa sur son visage. Non, ils n'auraient sûrement pas été amis ; Karl avait toujours mis un point d'honneur à ne fréquenter que des Modestes.
Dans le fond, il n'avait jamais vraiment compris pourquoi ses parents avaient tant tenu à l'envoyer à la Hampton ; pour se prouver qu'ils avaient un fils capable de réussir parmi l'élite anglaise ? Dommage pour eux, ça avait misérablement échoué. Ou au contraire, cela avait ironiquement réussi : aujourd'hui, il travaillait et vivait même entourés de bourges et de fils de gens influents ; mais il n'était jamais rien de plus que le surveillant, et ne serait sans doute jamais rien d'autre.

Et, alors qu'il ruminait ces sombres réflexions, Adrian reprit la parole. Avant de lui répondre, Karl inspira, et mis de côté la sympathie spontanée que lui inspirait le jeune garçon et se rappela son rôle, et ce qu'il avait à dire au jeune homme.
Ils n'étaient pas là pour discuter, encore moins pour nouer une relation : il devait lui faire la morale, peut-être le punir, et voilà. Point. Ça s'arrêtait là.

C'est donc d'un ton plus sec, mais aussi moins spontané, moins joyeux qu'il lui répondit ce qu'il pensait être les bonnes paroles.

« Si tu as, comme tu le dis, des problèmes de santé t'empêchant de sortir aux heures prévues à cet effet, t'as le droit de nous le faire savoir, pour obtenir une autorisation spéciale. T'comprends bien que même si ce n'est « que » un règlement, il est là pour être respecté, et on ne peut pas permettre que des élèves se baladent tranquillement dans les jardins la nuit, ne serait-ce qu'à cause des assurances. »

Karl recula alors sa chaise, et sortit une ramette de papier de sous le bureau. Il se saisit d'un stylo, et, commençant à rédiger un en-tête adressé au directeur, il parla de nouveau au jeune garçon.

« S'tu veux, je peux t'aider à faire cette demande, qui t'autoriserait à passer outre le couvre-feu qui t'est imposé par le règlement. Et si jamais l'idée d'avoir un règlement adapté t'emmerde, il me reste plus qu'à te suggérer de prendre la porte et d'être plus discret la prochaine fois que tu sors ; si mes collègues te choppent de nouveau, ils seront pas aussi cool que moi. »
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Bourgeois

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Karl

Faites entrer l'accusé !


Adrian regardait le paysage dehors avec un certain oeil critique. Le jeune homme resta longuement dans ses pensées. En réalité, il se servait de sa maladie comme excuse. Il préférait simplement la nuit où il pouvait se retrouver, où il pouvait être seul sans toujours avoir quelqu'un près de lui. Les possibilités de solitude sont assez restreintes dans un internat. Et cette école ne faisait pas exception. Et Adrian pouvait parfois s'avérer extrêmement solitaire quand le besoin se fait ressentir, dans ces moments là, c'est surtout pour se protéger de son humeur massacrante et du fait qu'il pouvait exploser à tout moment contre n'importe qui et n'importe quoi.

Adrian tourna un regard interloqué vers l'homme, il ne comprenait pas son changement de ton. Avait il dit quelque chose qui l'avait blessé ? Franchement, il ne voyait pas. Le jeune homme réfléchit longuement puis finit par poser son doigt sur le problème, du moins, c'est ce qu'il pensait. Peut-être que l'homme s'était rappelé de la distance qu'il devait mettre entre lui, un adulte et le rôle qu'il devait jouer et l'élève qu'Adrian était. Le sourire d'Adrian s'effaça, son visage se durci, il n'appréciait pas les changements aussi radicaux d'attitude. Pourquoi était il sympa si c'était pour redevenir terne après ? Pour une fois qu'un adulte ne semblait pas vouloir lui en foutre plein la gueule. Pour une fois qu'Adrian avait accordé un tant soit peu sa confiance. Ce revirement de situation lui fit mal au coeur. Il quitta la fenêtre et se laissa tomber sur le siège en face du surveillant. Il voulait jouer son rôle de surveillant, alors, Adrian allait jouer son rôle de gamin énervant. Il l'écouta tout en le défiant du regard puis finalement fit part de son point de vue arrêté sur la question tout en le tutoyant afin d'accentuer cet effet.

« Aurais tu fait la même proposition si j'étais un modeste ? Et si j'étais pauvre, le directeur accepterait il cette demande ? Je ne crois pas. Alors, tu peux ranger ce papier et ce crayon. Je m'en fous des problèmes. Quant à la prochaine fois, je ferais en sorte que celui qui m'ait dénoncé soit trop terrifié pour essayer de le faire à nouveau. Et si jamais, je tombe sur un des tes collègues, sûrement qu'ils seront moins cools. Mais au moins, eux, ils ne jouent pas un double-jeu.»



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Karl WellsPolitiquement incorrect
VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'Lorsque le jeune garçon commença à lui répondre, Karl haussa un sourcil, perplexe, avant de froncer les deux, passablement énervé.

« Aurais tu fait la même proposition si j'étais un modeste ? Et si j'étais pauvre, le directeur accepterait il cette demande ? Je ne crois pas. Alors, tu peux ranger ce papier et ce crayon. »

Le surveillant essaya de conserver son calme, de ne pas s'emporter. Mais c'était plus fort que lui ; pourquoi l'albinos ne voulait-il pas comprendre ? Pourquoi voulait-il continuait à jouer cavalier seul, alors qu'il était tombé sur le seul surveillant (ou presque) conciliant de la Hampton ? Et pourquoi se permettait-il de parler des Modestes, de les prendre en exemples, alors qu'il ne savait même pas ce que c'était qu'en être un ?! En tant que Bourgeois, il n'avait jamais vécu les brimades, les regards en coin, l'isolement lors des cours de sport ou des travaux pratiques, la discrimination permanente, que ce soit dans les sanitaires, les dortoirs, la bibliothèque, le réfectoire, et même parfois en classe... Il ne connaissait rien de tout cela, alors comment osait-il en parler ?

« Si tu étais un Modeste… je serais moi-même allé porter cette lettre au directeur. Et j'aurais tout mis en œuvre pour appuyer cette demande. Et le fait est que tu as la chance de ne pas être pauvre ! Alors ne viens pas essayer de me rendre coupable de quelque chose dont il n'est pas question ici ! »

Mais visiblement, son interlocuteur s'en fichait, de tout cela. Il avait, tout comme Karl, décidé qu'il avait raison, et il comptait bien continuer à le clamer haut et fort, peu importe la stupidité de son entêtement.

« Je m'en fous des problèmes. Quant à la prochaine fois, je ferais en sorte que celui qui m'ait dénoncé soit trop terrifié pour essayer de le faire à nouveau. »

La voix du surveillant haussa encore d'une octave lorsqu'il lui répondit, les yeux brillants de colère, le sang tapant plus violemment qu'à l'accoutumée contre ses tempes.

« Je sais… je sais ce que ça fait de se sentir au dessus des lois. Je sais ce que ça fait d'avoir en face de soi un adulte qui a soit l'air pas sympa, soit condescendant, soit con tout court. Et je sais ce que ça fait d'avoir envie de leur gueuler qu'ils peuvent pas comprendre. Mais je sais aussi ce que ça fait de se faire jarter parce qu'on est allé trop loin ! Je sais que j'ai le mauvais rôle dans cette histoire, et c'est aussi pour t'éviter d'avoir à être à ma place plus tard que je t'engueule maintenant ! »

Mais Adrian continua d'exposer ses opinions, ou plutôt de les balancer à la figure du surveillant, sans avoir l'air de l'écouter. Ils en étaient presque rendus au stade où chacun tentait d'imposer son avis en criant l'un sur l'autre.

« Et si jamais, je tombe sur un des tes collègues, sûrement qu'ils seront moins cools. Mais au moins, eux, ils ne jouent pas un double-jeu. »

Karl encaissa le choc, avec douleur. Lui, jouer un double jeu ? Alors que c'était ce qu'il avait toujours critiqué ? Il resta silencieux durant quelques secondes
Le surveillant baissa enfin le ton lorsqu'il conclut son argumentaire, le visage grave. Il s'était emporté, et ça n'était certainement pas en criant qu'il réussirait à faire comprendre son erreur à Adrian. Car il se trompait, n'est-ce-pas ?

« Je joue aucun jeu ou double-jeu avec toi. Tu devrais t'en rendre compte. Je t'ai expliqué les cartes que j'avais en main, et je t'ai expliqué comment je pouvais m'en servir… Maintenant, si t'es pas capable de mettre de côté ta rage et ton refus de tout ça, je ne peux rien pour toi ! »

Il ajouta un point final à la discussion en lui indiquant la porte, qui se trouvait juste derrière lui.

Et au moment précis où il se vit agir, Karl se détesta. Il était, malgré tout ce qu'il prétendait, malgré tout ce qu'il voulait croire, devenu cette personne détestable, cet adulte obtus qui vous disait que vous ne feriez rien de votre avenir, qu'il ne pouvait rien faire pour vous. Effectivement, Karl n'avait rien fait de son avenir, et personne n'avait pu faire grand-chose pour lui. Ni lui-même, ni son père, ni même Summer n'avaient pu réellement l'aider. Il avait arrêté certaines pratiques, c'était vrai ; mais il était resté qui il était, et là était le problème.
Il n'était pas adapté. Rêveur et pragmatique. Utopiste et désabusé. Fainéant et prêt à démarrer au quart de tour. Il était l'incohérence, le vent fou, l'électron libre, l'inconnue de l'équation. Et le gosse maigrelet et blafard qui lui faisait face allait finir comme lui s'il s'obstinait, et Karl savait qu'il allait s'obstiner. Un rebut. Un paria. Un ermite moderne, contraint de vivre dans cette société injuste pour subsister, obligé de renoncer à ses idées, à ses envies, à ses convictions pour entrer dans le moule, réduit à oublier qui il était pour avoir le droit d'exister.
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Le jeune homme était blessé, et il n'aimait pas ce sentiment. Il ne comprenait pas pourquoi il y avait eut ce changement d'attitude. Il n'avait pourtant rien dit de mal. Mais après son éclat de colère, tout était partie en cacahuètes. Aucun des deux ne semblaient vouloir concilier, tout deux campaient sur leurs positions. Le jeune garçon fusilla du regard Karl quand il lui balança au visage qu'il avait de la chance de ne pas être pauvre. Adrian serra les dents et poussa un soupir irrité. Oui, il avait de la chance de ne pas être pauvre, de ne pas subir la discrimination. Mais il n'était pas un enfant chanceux. Comment pouvait on s'estimer heureux alors qu'il s'en prenait plein la gueule au moindre oui et non chez lui ?! Il préférerait être pauvre et subir les brimades puisqu'il serait capable de les supporter.

« Oh oui, je suis chanceux. Mais tu n'oublierais pas un détail ? Ce n'est pas parce qu'on est chanceux sur un sujet qu'on l'est sur tout les fronts ! Alors, essaye de te renseigner avant de me balancer ça au visage. »

Le surveillant parla encore plus fort, ses yeux brillants de colère, Adrian serra les dents. Ce comportement l'effrayait mais il devait faire face. Ce regard le figeait sur place et pendant un infime temps, la peur put se lire sur son visage avant qu'il ne s'efforce de le durcir à nouveau. Ce lieu l'angoissait déjà à la base pour le rôle qu'il jouait dans ses souvenirs, mais l'attitude de Karl n'aidait pas. Le jeune homme se revoyait dans le bureau de son père à subir ses colères, jour après jour, année après année. Adrian le regarda avec un air fatigué, fatigué de se battre contre lui. Fatigué de tout. Fatigué d'avoir cru avoir enfin un allié dans le monde des adultes.

« Tu ne jouais pas un double-jeu ? Toi, qui faisait le mec cool au début... Qui semblait prêt à aider. Puis qui finalement, sans comprendre, sans expliquer, tu fous une distance entre nous comme si je n'étais rien, pas assez intéressant pour valoir ton attention. Comme si cette situation te saoulait. Tu joues le mec sympa pour mieux faire : "Hop hop, je te suis supérieur, je décide, tu obéis, je te dis ce qui est mal"... Dire que je pensais avoir trouvé un adulte cool pour une fois. Mais en fait, t'es pire, parce que quand ca devient sympa, tu redeviens le gars autoritaire.»

Adrian regarda avec attention le geste de l'adulte, un geste qui lui fit mal. Une situation qui le blessait. Il avait accordé sa confiance, il avait commencé à apprécier un adulte mais finalement, il était comme tout les autres. Il s'en foutait de lui, il voulait faire son boulot et ne pas avoir d'ennuis. Le jeune garçon se leva lentement, il s'avança vers le surveillant, doucement... Une fois arrivé collé au bureau, Adrian cracha le chewing-gum fade qu'il avait en bouche sur le bureau en signe de défi. Il voulait jouer son rôle, Adrian allait jouer le sien. Pour finir, il donna un coup de pied dans le bureau, néanmoins, durant ces deux actions, le regard triste trahissait son état. Il était dégouté d'avoir abaissé ses défenses, d'avoir eut de la sympathie pour lui, d'avoir espéré un adulte qui le comprenne. Alors, Adrian posait ses barrières, pour se protéger, il devait se faire détester. Le jeune homme lui tourna le dos et claqua la porte du bureau avec force mais sa main tremblait, trahissant son état d'esprit perturbé.



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Karl WellsPolitiquement incorrect
VoidI'll try just to do somethin', I'll try 'cause I got nothin' else that gets me through the day 'til I find another way i'll try just to do somethin'La dernière réplique du garçon acheva de pétrifier Karl, et il resta figé, une expression neutre sur le visage, sa main désignant toujours la sortie. Il ne frémit même pas lorsque le jeune homme s'approcha de lui, encore, encore, encore… Et ce n'est que lorsque qu'il entendit le “poc !” annonciateur de la chute du chewing-gum sur le bois que ses yeux dorés quittèrent ceux, étrangement rouges, de son interlocuteur. Il baissa le regard sur la gomme à mâcher, petite boule blanche sur laquelle il pouvait presque discerner la forme de la dentition d'Adrian, et vit le bureau trembler, comme si quelqu'un venait de donner un coup de pied dedans. A vrai dire, c'était ce qu'il venait de se passer.

Après cette dernière action, dernière preuve d'un irrespect profond, sûrement mérité, l'albinos ouvrit simplement la porte et la referma bruyamment sur son passage, laissant le bureau dans le vacarme silencieux qui succède habituellement aux plus grandes disputes. Karl, toujours figé, mit quelques instants avant de lâcher un soupir à la fois exténué, soulagé et incroyablement triste. Il finit par se lever brutalement, traversant dans une lente brusquerie le bureau, et ouvrit la porte avec force, criant sans la moindre conviction le nom du jeune homme.

« Blackwood ! Reviens ici ! »

Lorsqu'il eut attendu les trente secondes réglementaires, celles qui lui permirent de confirmer l'évidence qu'Adrian ne reviendrait pas, il referma doucement la porte, ignorant les regards interrogateurs des élèves qui traînaient dans le couloir. Il s'adossa ensuite à celle-ci, et se laissa glisser jusqu'au sol gelé. Machinalement, sa main monta au niveau de son cou, et se glissa sous son pull et sa chemise immaculée pour attraper la chaîne d'argent à laquelle une croix discrète était suspendue. Et tandis qu'il la frottait mécaniquement entre son pouce et son index, il se rendait compte de son ignorance.

Il ne savait pas.
Il ne savait pas pourquoi il avait sciemment attendu avant de se lancer à la poursuite d'Adrian. Pourquoi il n'avait pas plus essayé de le persuader qu'il se trompait, qu'il n'était pas ce qu'il croyait. Pourquoi il n'avait pas réussi à garder cette situation à l'intérieur des clous, pourquoi il avait voulu s'entendre avec lui, pourquoi il avait voulu plaire à cet élève.
Il ne savait pas.
Il ne savait pas ce qu'il foutait là au juste.
Il ne savait pas pourquoi le directeur s'était dit que c'était une bonne idée de l'engager, une bonne idée de lui redonner sa chance, alors que visiblement, il était un raté.
Même pas capable de faire comprendre à un gosse qu'on essayait d'agir pour lui, pour son bien, en se basant sur ses propres expériences passées… même pas foutu de prévenir une tragédie d'arriver. Parce que si ce gosse s'entêtait, il allait en chier… Bordel de nom de Dieu. Il était incapable de quoi que ce soit.

Il renâcla, serrant sa croix plus que de raison, et se redressa lentement, précautionneusement, comme s'il allait se briser si jamais il faisait un geste trop brusque. La journée devait continuer. Il réfléchirait à tout cela… plus tard.
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Karl ronchonne en #990000.

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