Rich Harassment


Cérémonie d'entrée

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1m60 de cynisme
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Cérémonie d'EntréeSalle de Réception
Jamie
Willow
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Je suis ce qu’on appelle couramment un connard, un sacré connard. J’ai même entendu une fois « sale petit connard de merde. » Bon, ça venait d’un mec bourré qui m’agressait alors que je passais devant un bar vers deux heures du matin donc peut-on dire que c’est vraiment justifié ? Le gars empestait la téquila et la clope, ses dents étaient pourries sans doute comme son foie et il avait dégueulé sa bile répugnante sur mes pompes. Je vous laisse imaginer ce sublime tableau, je n’avais pas trente-six solutions possibles. Je lui avais à mon tour vomi dessus, des insultes je précise, et la tension était très rapidement montée. Ses mains moites aux ongles noircis et rongés agrippèrent vite le pull que je portais ce soir-là. Je revenais de chez mon frère, on avait fêté l’anniversaire de sa femme. Je n’étais pas des plus sobres mais bon, je l’étais déjà bien plus que ce porc qui titubait sur le trottoir et qui répandait son odeur putride sur mes fringues. Il me dominait d’une tête et l’imprévisibilité de son geste me prit au dépourvu. Il profita de ma surprise pour m’exploser le dos contre un mur tagué, me sonnant légèrement au passage. Le « sale petit connard de merde » fut donc projeté à ma gueule en même temps qu’une flopée de postillons. Beurk. Ses doigts d’alcolo se refermant sur mes joues suffirent à me sortir de la confusion causée par le choc de l’impact. Ce touché froid et puant me ramena à moi et je ne perdis pas plus de temps. En un temps record, mon genou vint heurter ses côtes et je fus libéré de son emprise. Le type se courba, ses deux mains pressées contre son ventre. Je profitai de cet instant de faiblesse pour marquer sa mâchoire de mon poing. La violence de mon coup et le taux d’alcool le firent tomber à la renverse sur le sol froid. Pour qui il se prenait ? Me dégobiller sur les pieds pour ensuite me cracher à la gueule ? Franchement, on est où là ? Retourne te saouler à l’intérieur ou rentre te pieuter mais dégage tout de suite de mon champ de vision, vieux con. Trouve quelqu’un d’autre sur qui gerber. Putain, il avait ruiné mes godasses l’enfoiré. J’étais resté quelques instants à le regarder geindre et se tortiller par terre comme un asticot. Mon Dieu, c’est moche l’alcool quand même. Je toisai cette ordure une dernière fois avant de passer mon chemin. C’était pas tout mais j’avais des Converses couvertes de morceaux jaunâtres à nettoyer.

De retour à l’appartement, Eliott dormait toujours. Je m’occupai donc de mes petites affaires le plus silencieusement possible pour ne pas le sortir de son sommeil. Je montai mes chaussures, ou plutôt ce qui restait de mes chaussures, dans la salle de bain et constatai mieux l’ampleur des dégâts. Eh bien j’ai eu mal. Elles étaient foutues. La toile était imprégnée de dégueulis, les lacets gouttaient de jaune marronné et l’odeur… Putain de merde l’odeur… Ah mais il fallait acheter un nouveau produit pour lutter contre ça sinon ça n’allait pas le faire. Heureusement que le peu de whiskey que j’avais bu ne m’avait pas grillé les derniers neurones qui me restaient et que j’avais bien fait gaffe de ne pas emmener le cadavre de mes godasses dans la salle de bain de ma chambre. J’aurais été forcé de dormir dans une bulle de gerbe sinon. Enfin bref, j’avais passé au moins deux heures à essayer de sauver mes pompes. Frotter, rincer, frotter, rincer, ce cycle répété en boucle dans la baignoire. Enculé de mec beurré tiens… J’avais sauvé les meubles comme je pouvais ce soir et j’étais allé me coucher. Le lendemain matin, j’étais de nouveau à quatre pattes dans la salle de bain pour repasser un dernier coup de produit sur mes pauvres Converses. Merci Bouddha, on était samedi. Bon, après un combat acharné, j’avais réussi à les sauver. Salopard. Si je te recroise mon con, je te fais bouffer mon pied au cul, connard.

Connard, connard… Ah oui c’est vrai, je disais qu’on me traitait assez souvent de connard. Un connard qui parle mal et qui remplit sa tête d’a priori. En même temps, tu vois un gars qui fait pitié en chancelant à la sortie d’un bar, ou une bande de mômes qui se rincent l’œil sur un magazine de lingerie, tu réagis comment ? Quelle image tu t’en fais ? Aux dernières nouvelles, on vit pas chez les Bisounours là. Nan nan, dans le vrai monde réel de la réalité véritable, les mecs bourrés te dégueulent dessus et les gamins se pignolent sur Stephanie qui pose dans ce magazine gisant sûrement planqué sous le plumard d’un de ces gamins. Me prenez pas pour une bleusaille, faut voir le monde comme il est un peu de temps en temps, quitte à passer pour un connard. La vision que je me fais des gens dépend uniquement de ce qu’ils choisissent de me montrer. Ils sont pas obligés de passer pour des personnes immondes, immatures ou immorales. C’est pas moi qui leur dis comment se comporter ou comment vivre. Si c’était le cas, vous pensez vraiment que je choisirais de m’entourer d’alcolos et de pervers ? … Mais non ! Putain… Bref… J’ai des images préconstruites dans ma tête, c’est comme ça. Ca fait vingt ans maintenant que je fonctionne comme ça donc bon, un peu tard pour changer. Pas sûr que j’arriverais à penser autrement même si j’essayais de toute façon alors, pourquoi m’emmerder ? J’ai mes a priori, comme le connard que je suis et je les assume. Les bourges de ce lycée sont des petites enflures pourries gâtées qui chient sur les idées d’égalité et de respect. Quand tout t’est servi sur un plateau depuis ton enfance, pourquoi t’emmerder à envisager la vie autrement ? T’as pas envie, en te réveillant le matin, de te démener pour t’offrir tel ou tel chose. Je les voyais comme ça, ces morveux à la cravate rayée.

Les remarques de Wells me firent rire intérieurement. Mon visage naturellement fermé ne laissait rien transparaître mais au fond de moins, un sourire se dessinait. Ce gamin était hargneux et montrait facilement les dents. Il avait ses convictions, ce que je respectais amplement. Il pensait qu’en aboyant fort, il se montrerait plus intimidant. Mais ce n’était qu’un chiot couinant après les disparités évidentes qui gouvernaient Hampton. J’avais conscience de ces différences sociales, il fallait être con comme une poêle à frire pour ne pas s’en rendre compte. Les quelques mois ayant suivi ma première rentrée furent suffisants pour que je m’aperçoive de tout ce petit manège. Je n’étais pas aveugle, ni plus débile qu’un autre, je savais que l’injustice gangrenait le lycée. Mais bon, à part recadrer les élèves péteux, qu’est-ce que je pouvais bien faire ? Je ne m’appelle pas encore Dieu, je n’ai pas le pouvoir suprême sur cette académie. Cracher sur le système et sur les autres c’était facile, trouver les solutions représentait déjà un problème plus coriace à résoudre. Mais bon, quand on a vingt ans qu’on est une tête de con, on possède souvent une vision simplifiée du monde, avec un versant blanc et un versant noir. Je vais pas me lancer dans des blagues racistes parce que voilà, terrain glissant, mais vous avez compris l’idée. Les accusations de Wells m’agacèrent, d’autant plus que ses plaintes avaient attiré les regards sur nous. Splendide. Magnifique. Franchement bravo du con. Je me retiens d’applaudir là. Sacré nom de Dieu, qui m’a pondu une boule de nerfs pareille ? Je dévisageai le nouveau surveillant, l’irritation obscurcissait mes yeux ternes. Je me rapprochai, ma voix se fit froide et basse.


« Quand t’auras fini de nous faire tes scènes de gamin communiste, tu comprendras peut-être que t’es pas le seul à en avoir plein le dos du système de ce lycée. Un conseil, ravale un peu ton venin, ça pourrait te sauver morveux. Sur ce, bon courage pour ton nouveau boulot. »

Décidant que j’en avais eu assez de tout ça, je me décollai du buffet et, les mains plongées dans les poches de ma veste, m’éloignai de mon ancien élève. J’avais besoin de sortir un peu, j’étais resté suffisamment longtemps parmi cette foule qui me fatiguait. Il me fallait me poser au calme, une tasse de thé bien chaud à mes lèvres et un endroit silencieux pour me détendre. Toute cette merde m’avait crispé, tous ces gens m’étouffaient. Je me glissai donc hors de la salle de réception sans prendre la peine de jeter un dernier coup d’œil derrière moi. Cette année promet d’être quelque chose…


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Léonard

Cérémonie de rentrée
Adrian mangea un petit four tout en scrutant la foule du regard. Observation, Analyse et frustration. Il avait l’impression que tous se comportaient de la même manière afin de tous entrer dans le moule de la haute société. Et sincèrement, c’était fatiguant. Adrian en avait déjà sa claque. Plus loin, il vit son grand frère discuter avec ses amis. En scrutant celui-ci, le jeune homme se rendit compte que l’ainé se sentait parfaitement à sa place ici, cela se voyait dans son attitude. Il se tenait droit, certes, mais ses épaules et son dos n’étaient pas raides.
L’attention d’Adrian fut attiré par un brusque mouvement vers la droite, il observa passivement le garçon légèrement plus loin et plus âgé d’un air désintéressé. Néanmoins, il ne put empêcher un sourire de fleurir sur son visage quand le jeune homme jura en français.  Adrian l’observa cacher sa légère gaffe. Adrian ne put se retenir de lui adresser la parole, non pas d’un air moqueur, mais amusé, il en faisait trop, il le savait mais c’était si tentant.

« Très distingué mon cher… Vous allez faire rougir nos congénères en jurant de la sorte. Que le diable vous emporte à vous comporter comme un sauvageon ne sachant pas manger convenablement. »

Adrian passa sa main pour dégager son front et ses yeux de ses longues mèches blanches. Son interlocuteur parlait français et franchement, c’était plutôt amusant. Au moins, il était moins seul. Le jeune garçon l’observa longuement. Quelque chose lui sauta aux yeux, il cassait les codes. Et Adrian ne put s’empêcher de tout de suite l’apprécier. Il tendit sa main vers le plus âgé avec un léger sourire, il se contenta de lui donner son identité sans lui fournir le CV complet de sa famille et de son argent.

« Adrian Blackwood. Je te fais cadeau de toutes les informations qu'on met ensuite et qui sont totalement inutiles et inintéressantes.»





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BLACKWOOD
Adrian
24/07/2004
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Misanthrope moderne
Misanthrope moderne
Cérémonie d'entrée3 septembre 2018, matin. Salle de réception.

Quand la jeune fille lui répondit, il parut au jeune homme que c'était la première fois qu'il entendait sa véritable voix. Emballée, au débit clair et fluide, confiante, elle resplendissait, enfin ! Elle avait même osé un sourire, timide, mais néanmoins charmant. La fleur venait d'éclore, et sa posture, désormais si naturelle, ressemblait à l'ondulation d'une tige au gré d'une faible brise. Si le jeune homme ne l'avait vue qu'à ce moment-là, il l'aurait sûrement trouvée très jolie, tandis qu'elle dégoisait avec passion sur le style Tudor.

Mais non. Il l'avait vue avant ce moment de grâce, et avait largement eu le temps de se faire un avis (négatif, bien entendu) sur la jeune fille. Depuis le début de leur conversation, Leopold avait eu le temps de noter une mèche de travers, une certaine agitation des mains qui traduisait une nervosité et un regard qui n'osait se poser sur lui. Et ces cheveux outrageusement teints… c'était une méthode à la fois peu discrète et très chimique pour cacher sa réelle personnalité, d'après le jeune homme.
Pendant toute leur discussion, il l'avait méthodiquement observée, notant chacune de ses mimiques, chacune de ses variations de voix. Ça n'était même pas vraiment de sa faute ; il était comme ça, toujours à tout inscrire dans un coin de sa tête, pour un « au cas où » fictif. Ça le rassurait d'avoir l'impression d'avoir le contrôle sur la situation, de pouvoir se permettre d'être extérieur à ce qui lui arrivait.

Et puis, jolie ou pas, elle restait assez... bruyante. Beaucoup trop pour le jeune homme, qui eut du mal à cacher son contentement lorsqu'elle prit (enfin) congé. Il allait enfin pouvoir s'éclipser de cette cérémonie, cette mascarade officielle et guindée, et aller changer de chemise. Il lui adressa un discret signe de la main, et il soupira dès qu'elle eut le dos tourné. Enfin seul. Seul au milieu de la foule, mais seul face à ses pensées.

Il ne s'attarda guère plus longtemps, évita consciencieusement les attroupements d’Élites et de Délégués, riant et conspirant de concert, et ignora ouvertement les étranges regards que l'on jetait à sa chemise. Il fendit la foule, et reconnut au passage son colocataire, à côté du buffet. Il passa sans lui adresser un signe, sans un sourire. Il n'avait pas le temps de jouer à ami-ami avec un gamin. Il n'avait pas le temps de jouer à ami-ami tout court, d'ailleurs.
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stern
Leopold, Jean, Werner
21/10/2000
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Politiquement incorrect
Politiquement incorrect
Cérémonie d'entrée... Seigneur, qu'est-ce-qu'on se fait suer.
Avarice, colère, envie, gourmandise, luxure, orgueil, paresse.
Karl connaissait chacun des péchés capitaux sur le bout de chacun de ses doigts pour les avoir entendus chaque dimanche jusqu'à ses huit ans. Jusqu'à ce que sa mère se tire salement, les abandonnant, lui et son père, ils allaient toujours à la messe du dimanche. Peu importait qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, ils y allaient.
Encore aujourd'hui, le jeune homme se souvenait de la peur qu'il éprouvait en entrant dans l'église de leur quartier. Elle n'était pas spécialement grande ni en bon état, au contraire : son exiguïté associé à son humidité latente et à son cruel manque d'éclairage participaient grandement à l'étouffement qui gagnait le petit garçon de l'époque. A ce que lui avait dit son père, il se réfugiait presque systématiquement dans les bras de ses parents lorsqu'ils entraient dans l'édifice. Encore aujourd'hui, même s'il ne fréquentait plus aussi régulièrement l'église, il avait l'estomac qui se nouait lorsqu'il l'apercevait.

Oui, les sept péchés capitaux, il les connaissait. On les lui avait rabâchés, encore et encore jusqu'à ce qu'il ne sache plus que ça. Comme tout le monde, il les avait à peu près tous pratiqués, à un niveau plus ou moins élevé. Tous. Et encore une fois, comme tout le monde, il en avait un qui prédominait chez lui. La colère, bien sûr.

D'après ce qu'on lui avait rapporté, il avait toujours été… irritable. Enfant, il ne supportait ni la moquerie, ni l'injustice, ni l'opposition, et peu importait le nombre d'adversaires qu'il avait en face de lui : il finissait toujours dans un coin de la classe, les genoux éraflés par le sol de la cour et les mains pleines de griffures. Adolescent, n'en parlons pas. Combien de fois avait-il organisé des duels clandestins, derrière le gymnase, avec un ou deux Élites qui pétaient plus haut que leur cul ? Combien de fois avait-il volontairement bousculé des connards en marchant dans les couloirs d'Hampton ?
Aujourd'hui, c'était un poil différent. Disons qu'avec le temps, il avait appris à ruminer plus longtemps, pour ensuite éclater plus violemment. Et comme ça n'était pas viable sur le long terme, il avait ensuite pris l'habitude de noyer ses sentiments destructeurs dans des soirées étudiantes bien arrosées.

Il avait donc toujours été irritable, et à ce moment précis, il était irrité. Alors que le silence s'était fait autour d'eux, l'envie d'attraper le nabot en face de lui et de le secouer comme un prunier s'imposait à son esprit comme la meilleure chose à faire pour calmer ses nerfs. Il réussit néanmoins à se contenir, alors qu'il écoutait, fulminant de rage, la voix perfide du prof qui sifflait à ses oreilles comme un sermon donné par un tueur en série.

Ce connard se permit même de lui souhaiter bon courage. Bon courage ?! Est-ce-que j'ai vraiment besoin du courage d'un mec qui est prêt à renier sa dignité et ses idéaux pour un boulot bien payé ?! Est-ce-que j'ai besoin de ton courage, enfoiré ?
Il retint toutes les injures et autres répliques acides qui lui montèrent aux lèvres et garda ces dernières pincées, tandis que le prof se barrait d'un pas tranquille. Si seulement ils n'avaient pas été si entourés, il n'aurait pas hésité à continuer la lutt-pardon, la discussion.

Il le regarda simplement partir, et lorsque le prof eut passé la porte, le surveillant se retourna vers toutes les têtes curieuses, releva le menton d'un air mauvais et dit simplement : « Il y a un problème ? »

Les conversations reprirent finalement leur cours, et Karl quitta à son tour la salle. Ça allait être un sacré foutoir à la vie scolaire lorsque les cours commenceraient, et il se devait d'y être pour vérifier une dernière fois des listes de classe qui seraient de toute façon modifiées, pour préparer du café pour cette après-midi qui risquait d'être longue et pour détendre ses nerfs, qui allaient sûrement être mis à rude épreuve.


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Karl ronchonne en #990000.
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